Prendre les loups pour des chiens
par (Libraire)
9 février 2017

Un homme sort de prison. Il vient de purger une longue peine pour un gros casse qu'il a fait avec son frère, Fabien, qu'il n'a pas dénoncé, qui est resté en liberté en gardant le magot. C'est Jessica, la compagne de Fabien qui vient chercher Franck et l'emmène dans une maison isolée, au sud de Bordeaux, où vivent ses parents et Rachel, sa petite fille mystérieuse et peu loquace. Mais Fabien n'est pas là, il serait en Espagne "pour affaires".
Très vite, on aurait envie que Franck se barre tellement cette famille est toxique. Jessica peut devenir violente, assoiffée de sexe, sujette à des crises qui la font replonger dans la drogue. La mère est grincheuse, hostile, taiseuse. Le père trempe dans des magouilles avec un gitan pour lequel il retape des bagnoles. El il y a un chien qui pourrait être dangereux.
Dans cette région de forêts de pins qui s'étendent sans fin et les isolent, l'atmosphère est glauque, poisseuse, sombre, les personnes sont mauvaises, les non-dits nombreux et les intentions peu avouables. On pressent des drames...
Franck fait l'amère expérience d'un sortant de prison qui pense retrouver son frère, la liberté, le grand air, qui va échapper à la promiscuité de la cellule et qui est piégé par une famille qui attend sans doute de lui ce qu'il ne peut leur donner parce qu'il ne l'a pas. Le roman démarre doucement, le temps que les gens s'observent, se découvrent un peu, le temps que le lecteur prenne la mesure du piège dans lequel est tombé Franck qui prend les gens pour ce qu'ils ne sont pas. Hervé Le Corre prend le temps de brosser le tableau d'une délinquance médiocre, violente, où l'on tabasse à mort pour un mauvais regard. Puis les événements s'accélèrent. Franck subit l'enfermement dans ce milieu qui le piège, dans la relation avec cette femme bipolaire qui le fascine et l'attire, dans le besoin de retrouver son frère. On tremble alors pour Rachel, cette gamine qui prend les coups de sa mère, qui ne dit rien ou presque rien, à qui il pourrait arriver le pire, si ce n'est déjà fait.
Alors Franck pourra-t-il sortir de cette spirale de violence, de méfiance, de malhonnêteté ? Peut-être à la fin, le lecteur décidera-t-il que c'est possible...
C'est donc un roman d'une extrême noirceur que nous offre Hervé Le Corre. Il faut accepter la lenteur du début pour assister à l'emballement spiralaire des événements. Même si rien dans l'histoire n'est vraiment imprévisible par le lecteur, c'est un roman très bien construit, avec une intrigue qui ne se découvre qu'aux toutes dernières pages. L'écriture est de qualité et son 'efficacité oblige à la frayeur.

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