L'homme et la nature, Comment renouer ce lien secret

Comment renouer ce lien secret

Les Arènes

20,90
par (Libraire)
10 mai 2021

Peter Wohlleben est forestier. Il vit en Allemagne, très souvent dans la forêt. Dans ce livre, il explore notre relation aux arbres, la communication des arbres entre eux, leur capacité à souffrir et à ressentir des émotions, et même à se défendre contre les agressions comme c’est le cas pour les plantations de résineux qui "qui sécrètent des phytoncides, des antibiotiques végétaux" pour se défendre d’infections" par des spores de champignons.

Je revenais des autres
par (Libraire)
17 mai 2021

Ambre est une jeune femme de 20 ans. Elle a tout abandonné (famille, amis, études) pour devenir la maîtresse de Philippe, un homme de 40 ans, marié, qui l’entretient dans un petit appartement qu’il lui loue. Elle voudrait qu’il soit tout à elle. Son refus la pousse à tenter de se suicider. Philippe la sauve de justesse et l’envoie faire une saison d’hiver dans un petit village du Queyras, Arvieux. Là-bas, elle se retrouve au milieu d’une équipe de saisonniers de tous âges et situations personnelles, des personnes seules, un couple, une femme et sa toute-petite fille, un jeune couple… Elle fait chambre commune avec Tim, un jeune homme gay avec qui elle devient proche.
Au début, Ambre est secrète, sur la réserve, pas très expansive. Elle suscite la curiosité car "Personne ne devient saisonnier par hasard". De fait, dans cette bande de saisonniers, tous ont fui quelque chose dont ils ne veulent plus entendre parler. Elle découvre peu à peu qu’il y a des personnes qui empêchent de vivre librement, et même qui "détruisent" et d’autres, comme dit Tim, qui "réparent".
Ambre découvre une autre façon de vivre : des amitiés qui se font et se défont sans que ce soit forcément une rupture, des personnes et des comportements qu’il faut éviter, de chaleureuses relations de confiance, de l’attention portée aux autres, des discussions pour s’expliquer, de la camaraderie. Elle découvre aussi la montagne, la dure vie des saisonniers, ce qu’est un petit village alpin hiver.
Peu à peu ambre qui se croyait vouée au malheur et à la solitude se reconstruit par les autres, en les comprenant, en les accueillant, en s’acceptant dans leur regard.
Le groupe de travailleurs saisonniers est composé de personnages divers, chacun ayant sa personnalité, généreux ou égoïstes, très sympathiques ou plutôt détestables, rude et taiseux comme Wilson, bavard et franc comme Tim. Mélissa Da Costa décrit très bien leur psychologie, leur manière de penser, leurs émotions, leurs joies et leurs peines, leurs existences dans le groupe. Elle les scrute. Elle montre ce qu’est la vie enclose des saisonniers. Elle fait de la montagne un cadre prégnant, qui conditionne la vie des gens, que l’on peut arpenter pour en voir la beauté.
Au début, j’ai pensé que ce serait un roman plutôt à l’eau de rose, avec une belle fin, mais non. Ce roman balaie largement la vie de ce groupe où tout ne se passe pas bien, où on peut se haïr. Il montre qu’on ne peut vivre qu’en relation avec les autres, mais qu’il faut avoir du discernement pour trouver les personnes qui vont aider à grandir. Je pensais que ce roman, moins dramatique que "tout le bleu du ciel", s’oublierait sitôt fermé. Certains personnages se sont permis de faire des irruptions dans mes pensées, la preuve qu’ils sont attachants.
Un beau récit doux et dur comme la vie, bien écrit, captivant et touchant.