Bacchantes
13,50
par (Libraire)
15 février 2019

Avec "Bacchantes", Céline Minard s’essaie au genre romancé du film de casse. On l’a déjà vue se glisser dans la science-fiction avec "Le Dernier monde" (Denoël,2007) ou imaginer une robinsonnade montagnarde avec "Le Grand Jeu" (Rivages, 2016). Mais elle détourne les codes : les braqueurs sont des braqueuses qui pénètrent dans une cave et non une banque, plutôt échevelées et hystériques que taiseuses, qui s’y installent pour savourer des Chambolle-Musigny ou des Romanée -Conti au lieu de s’enfuir avec les billets. On ne saura pas grand chose de qui sont ces braqueuses, ni comment elles sont entrées dans cette cave, ni la raison de ce casse, ni de ce qui se passe après l’explosion finale, ce qui laisse planer le mystère et donne un coté magique à leur performance.
Le texte recèle de nombreux clins d’œil, plusieurs références littéraires ou filmiques, des fausses pistes, des clichés. Il plaide en faveur de la vraie valeur des choses : le vin se boit plus qu’il se collectionne, du plaisir de vivre un truc de fou une fois dans sa vie. Il faut le lire d’une traite - l’écriture est vive et rapide - pour bien goûter au suspense (il y a menace de typhon, n’oublions pas), bien ne noyer dans l’intrigue qui vire à l’absurde et au grand n’importe quoi, prendre la mesure du défi que s’est lancé l’auteure. On aura juste de temps d’accompagner ce court livre (une centaine de pages) d’un verre de – bon- vin pour supporter le désastre causé par ces trois foldingues...

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