Les moissons du futur, Comment l'agroécologie peut nourrir le monde

Comment l'agroécologie peut nourrir le monde

La Découverte

11,00
par (Libraire)
6 septembre 2018

Une lecture indispensable...

Les agriculteurs qui pratiquent l’agroécologie ont pour principe « qu’avoir recours à un traitement est un échec agronomique et non une pratique normale. Face à une maladie, l’effort doit donc porter non en aval de la culture (par des traitements a posteriori), mais en amont ».
Mais dans le monde de l’agriculture industrielle, on affirme « qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de solution totalement alternative aux pesticides. Et d’autre part: comment on nourrit les gens? Je vous rappelle les chiffres: si on fait des produits absolument sans pesticides aujourd’hui, c’est 40 % de production en moins, 50 % de coûts en plus. » (Jean-René Buisson). Et on ajoute que « la biotechnologie est l’outil du futur« , ce qui est l’argument de Monsanto

Marie-Monique Robin est sceptique, constatant que l’agriculture industrielle n’arrive pas à nourrir le monde : 925 millions de personnes souffraient de la faim en 2010 selon la FAO. Alors, elle enquête. Elle parcourt neuf pays, rencontre des paysans, des techniciens, des dirigeants, cherchant à savoir si une agriculture plus modeste, un autre modèle agricole pourrait nourrir la planète. Elle va chez les paysans qui pratiquent une agriculture biologique, qui collectent leurs semences et refusent les OGM, qui n’utilisent ni pesticides, ni engrais chimiques et qui vivent de leur travail. Elle met au jour les mensonges et les manipulations des entreprises agro-alimentaires pour assujettir les paysans.

A la fin de ses enquêtes, elles affirme que oui, l’agriculture biologique, l’agroforesterie peuvent nourrir la population mondiale, éviter aux paysans de sombrer dans la misère, lutter contre la dégradation de l’environnement. Mais il faut « faire autrement », chercher un mode de production durable, respecter des règles agronomiques (« la plante se nourrit du sol. Nous ne nourrissons pas la plante, mais le sol »).
L’ouvrage de Marie-Monique Robin est extrêmement documenté, sévère pour l’agriculture productiviste et industrielle. Sa lecture permet de changer de regard, de devenir suspicieux, de s’interroger sur notre manière de nous alimenter et de vivre, de ne pas ignorer que « l’agroécologie n’est pas un catalogue de pratiques. C’est une manière de vivre ».

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