Le jour avant le bonheur

Le jour avant le bonheur

Erri De Luca

Gallimard

  • 19 novembre 2013

    Adolescence, Italie

    Voici un roman qui m'est littéralement tombé des mains.
    D'abord parce que je ne suis pas fan des romans d'initiation (on va dire que j'ai passé l'âge). Ensuite parce qu'il ressemble pratiquement trait pour trait à son dernier roman "Les poissons ne ferment pas les yeux".
    J'ai donc eu l'impression que l'auteur tournait en rond avec cette histoire de passage de l'adolescence, et je n'avais pas envie de relire la même chose sous la même plume.
    L'image que je retiendrai :
    Celle du Juif caché dans la cave de don Gaetano.


  • par (Libraire)
    17 septembre 2012

    Le jour avant le bonheur

    Comme dans Montedidio, nous sommes à Naples dans les années 60. Un garçon de 18 ans raconte sa vie d'orphelin avec une mère adoptive qui subvient à ses besoins matériels mais surtout il est aussi élevé par un personnage qu'on aime d'emblée : Don Gaetano. Il est le concierge de l'immeuble que cette mère et ce garçon. Le livre aborde les rapports entre ces deux êtres : le jeune homme si pauvre mais si heureux, le vieux sage qui sait tout. Il évoque la libération de Naples et la volonté de tout un peuple aussi anarchique qu'efficace. Le titre de l'ouvrage est la phrase d'un juif caché pendant la guerre par don Gaetano: "Puisse le nôtre(Dieu) faire d'aujourd'hui le jour avant le bonheur". Un livre du jour du bonheur!


  • par (Libraire)
    17 septembre 2012

    Le jour avant le bonheur

    Le narrateur vit sa vie de jeune garçon napolitain dans les rues de sa ville après la seconde guerre mondiale. Orphelin et quelque peu à l'écart des enfants de son âge, il observe, rêve, lit sous l'œil attentif de Don Gaetano, père putatif qui lui raconte les hommes, la guerre, la solidarité et le jeu de «la scopa», véritable bréviaire de l'existence que notre héros a du mal a assimilé. Ce faisant il grandit entre les livres, la compagnie bienveillante de cet homme et, aussi, le souvenir fidèle d'une petite fille dont il est tombé amoureux. Cette conquête sera le long et patient cheminement de l'enfance à l'âge d'homme… Erri de Luca restitue à merveille et avec une grande délicatesse la vie des hommes. Un très beau roman d'apprentissage dans la Naples d'après-guerre.


  • 9 mars 2012

    Apprendre et initier ...

    A la fin de la guerre et après-guerre, le narrateur grandit à Naples. Ses parents étant décédé, il vit sous la protection de don Gaetano, le concierge de son immeuble ... Hanté par le visage et le regard d'Anna, fillette aperçue à quelques reprises derrière une vitre tandis qu'il jouait dans la cour, il la retrouve plus tard.
    A travers le récit de la valeur des hommes pendant la guerre, il apprend à devenir un homme. Il n'est pas le "fils de" mais reçoit et découvre ce qui peut lui permettre de s'affranchir.

    Poésie, certes, mais aussi une certaine rudesse ... cette duplicité apporte de la grandeur mais engouffre le lecteur dans un silence après avoir terminé la dernière page ...


  • 24 novembre 2010

    Un magnifique roman d'initiation

    Ce que j’ai aimé :

    - La beauté limpide du texte :

    « « Je t’ai attendue jusqu’à oublier quoi. Une attente est restée dans mes réveils, quand je saute du lit à la rencontre du jour. J’ouvre la porte non pas pour sortir mais pour le faire entrer. »

    J’appuyai ma tempe sur la sienne.

    « Anna, il s’est écoulé une éternité.

    C’est fini. Maintenant commence le temps, qui dure des moments. » (p. 65)

    - La poésie qui s’échappe de tous les mots, flotte indicible, et auréole l’histoire d’un halo d’éternité.

    - L’hommage à tous ceux qui ont osé résister à l’envahisseur pour continuer à être des hommes debout, malgré la menace, malgré la mort. Et l’importance donnée à la parole, aux souvenirs pour que ces hommes et leurs valeurs ne s’évanouissent dans les rets gluants du temps qui passe.

    « Ses récits devenaient mes souvenirs. Je reconnaissais d’où je venais, je n’étais pas le fils d’un immeuble, mais d’une ville. Je n’étais pas un orphelin de père et de mère, mais le membre d’un peuple. » (p.128)


  • 31 mai 2010

    Je suis embêtée car je ne vois pas comment faire un résumé de ce livre magistral.
    L’histoire se déroule à Naples, dans les années après guerre. Le narrateur, un jeune garçon de 13 ans, orphelin, apprend la vie à l’école mais surtout grâce à don Gaetano. Il aime passer son temps libre à lire, à jouer au foot et la « scopa ». Dans la loge de l’immeuble de don Gaetano décrite comme « une loupe de philatéliste », don Gaetano lui raconte Naples pendant la guerre. Le jeune garçon se nourrit des paroles de don Gaetano. Père de substitution, don Gaetano accompagne à devenir un homme : initiation à l’amour, aux codes d’honneur mais surtout à Naples.

    Ce livre est un coup de cœur et j’ai du mal à en parler. Car il y a tant à dire, à trouver les mots justes pour décrire ce livre magnifique.
    Il y a l’écriture d’Erri de Luca si belle. Un style concis, épuré qui dégage de la poésie et où les phrases invitent à méditer. Avec ce livre, on accède à l’histoire de Naples pendant et après la guerre avec aspects glorieux et ceux moins reluisants. Les questions de cet enfant qui grandit, sont décrites avec art mais simplement. On ne lit pas ce livre, on le vit.

    Un tableau de Naples et de l’apprentissage à devenir un homme où le talent d’écrivain d’Erri de Luca nous fait fondre de bonheur.