Encabanée

Gabrielle Filteau-Chiba

Le Mot et le reste

  • Conseillé par (Libraire)
    6 mars 2023

    Lassée par la vie urbaine, Anouk décide de quitter Montréal, son compagnon, sa famille, son métier, son appartement pour aller vivre dans une seule dans une cabane isolée au milieu de la forêt, dans le Kamouraska sur une rive du Bas-Saint-Laurent, en plein hiver, sans eau courante, sans autre électricité que celle d’un panneau solaire recouvert de neige.
    Si elle ne nous dit pas grand-chose de ses motivations, on comprend qu’elle fuit un monde qui ne lui convient pas, trop superficiel, trop marchandisé, trop éloigné de son envie de nature, qu’elle a besoin de liberté, même si ses convictions ne sont pas encore très claires et fixées.

    Le contact est rude pour la jeune femme mal préparée à affronter le grand froid, la neige, la glace sur le fleuve, les coyotes qui passent près de sa cabane, le toit qui prend l’eau, le poêle à surveiller et à remplir régulièrement de bûches. En maniant sa hache maladroitement, elle se fait "une belle cicatrice de guerrière" au visage. Quand elle sort de sa cabane, elle a peur des coyotes. Son "char" ne veut pas redémarrer sous une température de moins 40°. Elle n’a plus de contact avec la civilisation, le cellulaire et la radio exigeant de l’électricité. Quand arrive un fugitif qu’elle va héberger un court temps, elle comprend pourquoi elle n’entend plus le bruit du train depuis quelques jours. Découvre-t-elle l’activisme écologique ? C’est possible et c’est ainsi qu’elle choisit de devenir militante.
    On ne sait pas tout de l’emploi du temps concret sinon qu’elle mène une vie très frugale, en autarcie, qu’elle a du temps pour s’émerveiller en contemplant la nature et en observant les animaux. Elle s’est "encabanée", elle est prisonnière, ce qui est paradoxal quand on a soif de liberté !
    Le roman est proche du journal intime qu’elle a adapté. Le livre est court, une centaine de pages, trop court pour relater trois années passées dans cette cabane. Avec de belles descriptions de l’hiver, de la nature, de l’aurore boréale, de l’amour, de la survie, elle écrit calmement, tout en douceur, un récit d’amoureuse de la nature, un récit féministe. On la sent très déterminée par son aventure humaine à ne pas revenir à la vie urbaine frénétique, décidée à se consacrer à la protection de la nature, espérant que "le printemps fertile n’était pas bien loin".
    Un glossaire en fin d’ouvrage permet de comprendre certaines expressions, Gabrielle Filteau-Chiba ayant choisi d’écrire le québécois. Dans l’exemplaire numérique, on regrettera que les renvois des notes vers le texte soient très imprécis.


  • Conseillé par
    25 février 2021

    Coup de cœur de la chouette

    Vous aspirez aux grands espaces, à l'autonomie, à la solitude, à la liberté ?
    Encabanée raconte, sous la forme d'un journal aussi drôle que poétique, le quotidien d'une femme qui a passé le cap, et de sa métamorphose, loin de la société de consommation qui nous aliène.