Les confidences

Marie Nimier

Gallimard

  • "Pour moi, une confidence, c'est une histoire que l'on garde pour soi parce qu'elle concerne tout le monde. Si elle ne concernait pas tout le monde, on n'aurait pas besoin de la garder pour soi"

    Imagine une pièce sobre où seuls un philodendron et une romancière, les yeux bandés, seraient là, uniquement pour recueillir les confidences d'hommes et de femmes anonymes. Curieuse idée. Ce sont des petites histoires, des confessions, des aveux, des regrets, des remords, des inepties aux fantasmes. La parole se transforme en quelques pages puis un livre. Quelles sont les personnes venues déposer un secret ? Est-ce une part de nous possible ? La romancière se confie elle aussi en filigrane. Et c'est très beau, certaines pages plaisent plus que d'autres mais chaque confidence interpelle. Marie Nimier crée un monde où se dévoile la dimension secrète du réel, dans ce qu'elle enferme de sombre, de sordide et de sublime. On médite un peu la confession, son pouvoir de création littéraire, on cherche l'écho. A chaque fin de confidence, une sensation. Du malaise au plaisir. L'impudeur allège le fardeau de la nature humaine. C'est une belle aventure intime où l'on ne cesse de s'interroger. Je l'ai lu comme un recueil de nouvelles où le philodendron semble seul élément vivant de cette parole dans la tombe silencieuse de l'écoute. Un lien de confiance qui fait si souvent défaut dans la vie.
    Pour en finir avec le silence.