• 5 novembre 2013

    adolescence, amour, Italie

    J'ai beaucoup aimé les réflexions de l'auteur sur les verbes Maintenir et Aimer. Verbe Aimer qu'il trouve galvaudé, verbe Maintenir dont il trouve le double sens très beau.
    En revanche, j'ai moins gouté les interrogations de l'enfant sur son passage à l'âge adulte. Ce roman touchera sans doute plus la gente masculine, je suppose. En tout cas, je ne me suis pas reconnue dans ce questionnement.
    J'ai plus apprécié la fillette et ses comparaisons avec les animaux. Elle qui a deviné ce qui motive la haine des autres garçons sur la plage.
    Un roman sur le premier amour, le premier baiser, et les choix difficiles de la vie.
    L'image que je retiendrai : Celle des ruelles de l'île qui donnent toutes sur la mer et les pêcheurs. Un reste de vacances.....


  • 17 octobre 2013

    "J'avais la petite chambre où je dormais sous les châteaux de livres de mon père. Ils s'élevaient du sol au plafond, c'étaient les tours, les cavaliers et les pions d'un échiquier placé à la verticale. La nuit, des poussières de papier entraient dans mes rêves."

    Le jeune garçon a dix ans. Il passe trois mois, chaque été, sur un petite île italienne. Cet été là, le rempart des livres s'est écroulé et il a commencé à pleurer. Il apprend la douleur de la vie. Cette sensibilité qui le rend tout à coup coupable face au monde. Il découvre l'amour, cette énergie qui a besoin d'autrui, sentiment étrange pour ce jeune solitaire qui se suffit à lui même.

    C'est un très beau récit autobiographique sur la naissance du sentiment amoureux, la perception du corps mais aussi une jolie parabole de la justice. Erri De Luca nous conte l'opposition de l'enfant face au monde des adultes.

    Sur l'île, la vie est sauvage, sans heures, l'hygiène simplifiée, la chevelure est un buisson indiscipliné. L'île étouffante devient le lieu de la liberté.

    Livre gracieux qui ramène à l'enfance et invite une deuxième fois le passé. Erri de Luca convoque les absents, plante autour de lui les personnes d'une deuxième rencontre. Ce retour sur un événement du passé donne une allure plus vive et plus essentielle de la vie.

    C'est un récit des sensations; les sensations qui à leur tour deviennent les formats propices aux apprentissages.

    Sur l'île, on apprend en observant le métier noble des pêcheurs. La mer n'enseigne rien, elle fait à sa façon.

    Roman publié chez Gallimard, traduit par Danièle Valin.


  • 19 août 2013

    Comme chaque été, Erri de Luca à dix ans passe ses vacances en compagnie de sa mère sur une île au large de Naples. Attiré par la mer, il aime donner un coup de main aux pêcheurs. Les après-midis sont consacrées à la plage où il se baigne, observe les autres, remplit son cahier de mots croisés. Son père est parti aux Etats-Unis. Cet été là, il se noue d'amitié avec une fillette qui l'initie à la profondeur du verbe aimer. Mais il y a aussi la métamorphose du corps qu'il souhaiterait, les mesquineries d'autres garçons qui vont le tabasser et des prises de conscience.

    Il faut prendre son temps pour se délecter de chaque phrase de ce livre. Erri de Luca avec son sens aigu du mot juste, de la poésie nous offre un magnifique un récit initiatique. Le sien. Découverte de l'amour, de la justice des hommes, de la question que sa mère lui pose comme s'il était un adulte : partir aux Etats-Unis ou rester. On découvre un garçon qui préfère rester seul, lire plutôt que de jouer avec les autres, se satisfaisant de ce que les vacance lui offrent. Plaisir de la mer et de l'aide qu'il donne aux pêcheurs. Lui qui dont l'emploi verbe aimer agace lui préfère le verbe maintenir " il comportait la promesse de tenir par la main ". "A dix ans, j'étais un mécanicien de l'appareil adulte. Je savais de démonter et le remonter".
    La fillette va bousculer son univers et lui ouvrir l'esprit.

    Ce livre ne se lit pas, on le ressent et nous grandit!
    Beau, réfléchi, intense et émouvant, les dernières pages sont d'une apothéose à fendre le coeur !


  • par (Libraire)
    10 juin 2013

    Fascinante discussion entre un homme et l’enfant qu’il fut

    Un homme revient en lui-même, tel qu’il était cinquante ans plus tôt. Il prend la plume pour faire coïncider ses mots avec les émotions du garçon réservé qui passait ses vacances à l’ombre du parasol, en compagnie de sa mère. Sur l’île, il côtoie les pêcheurs, nage, fait des mots croisés. Mais il n’espère qu’une chose, quitter ce corps d’enfant, cette coquille qui le retient. Ce qui lui en fournit l’occasion est presque banal : la préférence que lui accorde une fille et la jalousie de trois autres garçons. Des blessures jaillira l’expérience et enfin il comprendra l’essence de certains mots, dont l’amour. Cependant, s’il espère ce changement, il en méconnait les conséquences que le narrateur adulte laisse affleurer dans le récit : perte, victoire ou désillusion collective. En entrant dans l’âge des luttes c’est l’Eden que l’on quitte. Ceci a peut-être été souvent écrit mais quand De Luca use de ses métaphores scintillantes cela a un goût d’éternité.


  • par (Libraire)
    8 juin 2013

    Sur son île

    Ce roman ou plutôt ce récit autobiographique est une pure merveille. L'histoire se passe pendant l'été. Le narrateur a dix ans et passe ses vacances avec sa mère dans une île située face à Naples. Là, il va rencontrer une petite fille un peu plus âgée que lui avec laquelle il va d'abord se lier d'amitié puis tomber amoureux... Bref, c'est un été comme entre parenthèses mais déterminant sur sa vie future. La découverte du sentiment amoureux, les enjeux de rivalité avec les autres garçons, tout cela va changer sa vie d'une façon irrémédiable. Sans doute le sujet est-il un peu bateau mais c'est une écriture toute simple où la poésie affleure à chaque paragraphe. Je ne veux pas en dire plus ni même dévoiler pourquoi les poissons ne ferment pas les yeux... Et pourtant, quel joli titre !


  • par (Libraire)
    16 mai 2013

    Dans les années 60, Erri De Luca, napolitain d'origine alors âgé d'une dizaine d'années, passe ses vacances sur une île de la côte amalfitaine avec sa mère. C'est l'âge où on grandit, où on prend conscience des choses, et aussi celui des premiers émois, découverte qu'il fera en compagnie d'une petite fille de son âge, délurée et passionnée par les animaux.
    Dans ce beau texte précis, émouvant, l'auteur recherche dans l'homme qu'il est devenu aujourd'hui ce qui reste de l'enfant qu'il a été et nous fait vivre ces moments magiques où l'enfant bascule d'un monde de l'innocence vers celui plus réel des adultes.
    Un livre rafraîchissant et subtil qui va vous enchanter.


  • par (Libraire)
    3 mai 2013

    Coup de coeur de Frédérique

    Un petit garçon de 10 ans (Erri de Luca lui-même ?) passe ses journées entre plage et pêche ; entre l’enfance et l’adolescence naissante ; entre les livres et la fillette.
    Un texte magnifique sur le désir de grandir, le besoin de savoir ce qu’est l’amour (et la réponse est splendide) et beaucoup d’autres questions sur la vie. Un texte touchant, intelligent et beau. Un texte rare, à en pleurer.