Je sais qui tu es, roman

Je sais qui tu es, roman

YRSA Yrsa Sigurdardottir

Points

  • 19 juillet 2016

    C'est avec une légère appréhension mais le cœur plein d'espoir que Katrin, son mari Garðar et leur amie Lif accostent à Hesteyri, un village abandonné des fjords de l'Ouest de l'Islande. Malgré la solitude et le froid de l'hiver, ils sont là pour transformer une vieille bicoque en gîte, le temps d'une semaine. Les conditions sont rudes, les trois jeunes gens pas forcément doués pour le bricolage mais ce qui les perturbe d'emblée c'est l'atmosphère étrange qui règne dans le village. Et très vite, ils ont l'impression de ne pas être seuls. Quelqu'un rôde, les effraie, veut les chasser...
    De l'autre côté du fjord, à Isafjörður, l'école maternelle a été méthodiquement saccagée et une dame s'est pendue dans une église. En charge de l'enquête, Dagný, demande de l'aide à Freyr, un psychologue. Réfugié dans l'Ouest après la disparition de son petit garçon, Freyr essaie de se reconstruire loin de Reykjavik et de son ex-femme toujours à la recherche de Beni. D'abord réticent, il s'implique finalement dans l'enquête quand apparaît un lien, tenu et étrange, avec la disparition de son fils.

    Un polar fantastique où l'ennemi est un enfant, et avec lui ses ricanements, ses traces, ses murmures et peut-être même bien pire...
    Deux histoires sans lien apparent, deux endroits hantés... A Hesteyri, village fantôme, un huis-clos haletant. Trois personnes persécutées par cet enfant maléfique. Les femmes se décomposent, leur santé mentale et physique se délite, l'homme nie les faits, cherche des explications rationnelles quand tout est contre lui, du froid de l'hiver à l'absence totale de moyens de communication. Dans ce village abandonné de tous, qui pourrait vouloir leur nuire ? Sont-ils victimes d'une hallucination collective due aux moisissures qui infestent leur logis ? Angoisse, tension, frayeur pour eux et pour le lecteur qui ressent la peur qui les habite.
    A Isafjörður, le contexte est différent. Freyr le psychiatre a les pieds sur terre. Quand au détour d'un couloir, il aperçoit son fils disparu depuis trois ans, sa seule peur est de devenir fou. Pourtant, il doit se rendre à l'évidence, Beni lui parle, Beni rit, Beni se faufile. Son enquête le conduit vers le passé et une autre disparition d'enfant. Mais quel lien entre les deux ? Les indices, les coïncidences le font douter, de lui et de tout...
    Pour apprécier cette lecture, il faut mettre toute rationalité de côté et s'embarquer dans une histoire où les âmes crient vengeance pour enfin trouver la paix. Dans un contexte rendu propice par le froid, la nuit, l'isolement, on se laisse facilement immerger par la peur et les pages se tournent pour connaître le destin qu'on imagine funeste de tous ces personnages embourbés dans leurs angoisses, leurs secrets, leurs folies, leurs mensonges.
    Une lecture addictive, qui fait froid dans le dos.