Bioshock : rapture

Bioshock : rapture

John Shirley

milady

  • 13 avril 2016

    Avant de se lancer dans « Bioshock : Rapture », il faut savoir qu’il s’agit d’une préquelle à la série de jeux vidéos sortis entre 2007 et 2010 (le dernier en date déviant de l’univers original) et que, bien que le roman se suffise à lui-même, mieux vaut connaitre les jeux pour l’apprécier pleinement. Ça ne veut pas dire que vous n’y comprendrez rien si vous ne connaissez pas (vu que le roman revient sur la genèse de Rapture) mais disons que vous n’y prendrez pas autant de plaisir, je pense. Voilà qui est dit. Ce FPS complétement allumé et à l’ambiance bien glauque est un des plus originaux dans le genre. L’univers très poussé et particulièrement prenant m’a très vite donnée envie de découvrir le roman de John Shirley, que Bragelonne a sorti dans une très édition qui plus est. Alors, mauvaise adaptation surfant sur le buzz des jeux ou roman à part entière apportant sa pierre à l’édifice ?

    Le récit se déroule aux Etats-Unis à la fin de la 2nde guerre mondiale, en plein milieu de la veine expansionniste où les droits des travailleurs commençaient tout juste à être reconnus. Andrew Ryan, un self-made man épris de liberté et lassé des demandes du gouvernement toujours plus gourmandes, décide de créer une utopie où chacun pourrait réaliser ses rêves, sans restriction ni limites. Ainsi nait Rapture, cité sous-marine autonome loin de tous les regards, havre de paix pour chacun… Non, non ! Rembobinons ! Ainsi nait Rapture, cité sous-marine esclave de ses besoins, loin des regards de la surface mais épiée par son dictateur fou, havre de paix pour tous ceux qui sont prêts à piétiner autrui pour gagner la plus grosse part du gâteau… Là, c’est déjà plus fidèle à la réalité ! Car oui, vous imaginez bien que dans chaque belle utopie il y a un accroc qui ne demande qu’à tout déchirer…

    Malgré un début un peu poussif qui explique la construction de Rapture, le récit est immersif et fascinant. Voir cette belle utopie dégringoler et tomber dans les travers les plus grossiers est un vrai plaisir ! On se rappelle de toutes ces belles idéologies qui n’ont pas tenu longtemps face à l’appât du gain, Rapture n’échappant pas à la règle. Liberté pour tous ! (= comprenez pas de répression même si vous faites des expériences médicales sur des cobayes semi-consentants, même quand les expériences tournent à la catastrophe et transforment lesdits cobayes en monstres de foire). Égalité pour tous ! (= comprenez que l’on acceptera que vous usiez des moyens les plus vils pour établir la suprématie de votre commerce sur autrui, même si ça pousse vos concurrents au suicide). Fraternité ? Bah non, à Rapture c’est chacun pour soi, l’entraide, la compassion, la solidarité étant bannis. Tout comme les syndicats, les religions et toute forme d’individualité. Andrew Ryan vous promet un monde sans gouvernant ni loi ni contrôle mais fait construire des statues de lui un peu partout, installer des caméras pour vous surveiller et envoie sa milice quand vous ne respectez pas SES règles. Bref, un bel exemple d’hypocrisie et un univers misérable où la population des « élus » déchante bien vite et dégénère dans son souci quotidien de productivité et d’efficacité. Je me suis régalée à découvrir ce commencement et à retrouver certaines figures emblématiques des jeux. La fin est un peu vite expédiée mais le roman n’en reste pas moins un bon prolongement des jeux.