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Propriété privée
par (Libraire)
23 novembre 2019

Un couple très motivé, les Caradec, emménage dans un écoquartier pour habiter la maison de leurs rêves. Ils en ont prévu tous les détails, choisi avec soin des matériaux durables, voulu qu’elle soit économe en énergie. Ils se sont éloignés de la ville pour habiter un peu à l’extérieur d’une petite commune, à côté de voisins qui leur ressemblent.
Sauf que… l’arrivée des Lecoq, leurs voisins trop proches, va leur gâcher la vue et la vie.
Ils n’ont pourtant pas lésiné sur le prix, ils ont voulu "le plus beau et le plus cher", ils ont soigneusement choisi l’endroit et lorsqu’ils sont entrés dans leur logement, elle a "pensé qu’il y avait matière à être heureux, aucune raison
de ne pas l’être".
Qu’est-ce qui a manqué, alors ? Ils ont ont acheté sur plans, n’ont pas évalué la proximité des voisins -qui peuvent avoir d’autres façons de vivre, ont ignoré qu’ils allaient vivre dans un lotissement qui serait un petit village où tout se sait, où la vie privée deviendrait relative...
Et si ces cinquantenaires sans enfants forment un couple solide, il y a tout de même une distance entre "elle", la femme active qui travaille dans "le réaménagement urbain" et son époux, Charles, qui souffre de troubles psychiques handicapants au plan social. Décalage qui complique leur insertion dans un quartier où la vie va rapidement devenir "Rock'n Roll"
Avec une écriture sobre et sèche, Julia Deck se livre à une cynique mise à jour de la comédie sociale, posant un regard affûté qui ne rate aucun de ces petits détails qui peuvent ruiner la vie : les services entre voisins et le sans-gêne, une confidence faite à la voisine qui l’ébruite, un apéro auquel ils ne sont pas invités, des paroles malencontreusement entendues, une malfaçon dans un équipement innovant qui n’affecte qu’une partie du quartier… Le roman est fait des propos de la narratrice dont on voit que l’interprétation qu’elle en fait ne va cesser d’aggraver le malaise du couple, jusqu’à ce Charles tue le chat, et jusqu’à l’inévitable explosion de la violence.
C’est grinçant, bien vu, tellement bien vu qu’on en vient à ressentir soi-même leur malaise...

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