La Peste écarlate, suivie du Masque de la mort rouge

suivie du Masque de la mort rouge

Jack London

publie.net

1,99
par (Libraire)
27 avril 2020

Jack London est un écrivain prolifique qui n’a pas publié que "L’appel de la forêt" et "Croc-Blanc". En 1912, il publie "La peste écarlate", un récit inspiré de la nouvelle d’Edgar Allan Poe "Le masque de la mort rouge". Dans ce texte, il rapporte la conversation d’un grand-père très âgé avec ses trois petits-enfants, Edwin, Bec-de-Lièvre et Hou-Hou à propos d’un pandémie qui a ravagé la monde soixante ans plus tôt, soit en 2013. Le visage des humains contaminés par un mystérieux virus devenaient "rouge écarlate" et ils mouraient peu après, souvent dans l’heure. Dans la civilisation avancée d’alors, on espère dans la science qui se révèle impuissante à vaincre le "germe". Les gens prennent le route, créant un désordre total, et "emportent le germe avec eux", meurent en route. Derrière eux, les villes flambent. San Francisco, "quatre millions d’habitants" disparaît, tout comme New-York, "dix-sept millions de personnes". La nourriture se met à manquer, l’égoïsme devient la règle, "Tout ordre social, toute loi avaient disparu". C’est le Far-West, pourrait-on dire, "partout régnait le meurtre, le vol, l’ivresse".
Le grand-père qui fut un universitaire enseignant la littérature, raconte la disparition presque instantanée de "dix mille années de culture et de civilisation" à ses trois petits-enfants qui sont illettrés, qui savent à peine compter jusqu’à dix, qui le trouvent "radoteur", "faible d’esprit". Eux qui n’ont jamais vu d’argent, ni d’aéroplanes, ni de cinématographe, ni de télégraphe ne peuvent concevoir ce que leur grand-père leur raconte. S’ils connaissent le mot "rouge", ils ne comprennent pas ce que signifie "écarlate" : "L’écarlate c’est rouge, pourquoi ne pas dire rouge ? Pourquoi vouloir compliquer les choses par des mots que l’on ne comprend pas ?". De même qu les animaux domestiques sont devenus sauvages, les garçons sont des hommes primitifs et développent des capacités à vivre dans un environnement hostile et pauvre.
Jack London raconte qu’avant, "la liberté n’était qu’un mot" pour les pauvres, que "la classe dirigeante possédait la terre et les machines". Les travailleurs n’avaient d’autre choix que travailler pour les dirigeants. Maintenant, les positions sont renversées et comme dit Bec-de-Lièvre, "si quelqu’un menace de me la voler [la nourriture] ou essayer, je le tue !".
Ce monde post-historique sans culture, sans mémoire, sans constructions humaines, dans ce monde d’illettrés, comment les garçons peuvent-ils avoir conscience de leurs pauvretés ? "Hou-Hou s’esclaffa : - Très drôle, grand-père, tu nous parles de choses que l’on ne peut pas voir. Mais alors comment être sûr qu’elles existent ? Voilà ce que j’aimerais savoir. Comment faire pour connaître ce qui est invisible ?" Le grand-père qui a connu le temps d’avant la peste, sait à quel degré de barbarie et de sauvagerie les hommes sont descendus. Il sait qu’il faudra "une centaine de générations" pour que réapparaisse "le monde magnifique et puissant" qu’il a connu. Alors, il collecte des livres "qui contiennent un résumé de la sagesse humaine", il les stocke dans une grotte avec un "alphabet, avec clef explicative" en espérant qu’un jour, "les hommes réapprendront à lire".
Dans le contexte actuelle de ce premier semestre de l’année 2020, "La peste écarlate" doit être un encouragement à agir sans attendre pour garder vivante notre histoire, sauvegarder nos valeurs et préserver l’humanité.

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