Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Trois fois la fin du monde

Les Éditions Noir sur Blanc

16,00
27 septembre 2018

fin du monde

De l’auteure, j’avais beaucoup aimé "La côte 400", mais franchement moins "La condition pavillonnaire".

D’après le résumé, ce roman racontait une certaine fin du monde. Et j’ai lu dernièrement beaucoup de romans sur le sujet.

Bref, ce n’était pas gagné.

Et pourtant : j’ai tout aimé dans ce roman. Le passage en prison de Jo et son attachement à son frère mort dans le casse. Sa vie seule dans la cabane au fond du jardin des bois. Sa survie et son abattement en plein hiver.

J’ai aimé la nature qui évolue par petites touches autour de lui. Rien de révolutionnaire d’un coup, juste des couleurs, des senteurs qui varient.

J’ai aimé son besoin presque animal de parler, et son envie de faire corps avec la nature.

J’ai aimé que Jo, qui veut parfois tuer tout le monde dans une crise de colère, se rende compte du travail des hommes.

Lire ce roman, c’est retrouver la nature sauvage qui ne fait pas de bruit, mais est sans cesse changeante et indomptable.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chatte Fine qui accouche en compagnie de Jo.

https://alexmotamots.fr/trois-fois-la-fin-du-monde-sophie-divry/

Monsieur Proust

Albaret, Céleste / Belmont, Georges

Robert Laffont

10,90
27 septembre 2018

Marcel Proust

Souvenirs recueillis par Georges Belmont.

En début de livre, Georges Belmont précise que les souvenirs de Céleste ne pourraient être mis en défaut tant il a vérifié et recoupé avec elle ce qui allait être porté sur le papier.

Que de souvenirs elle a, Céleste, la modeste jeune mariée qui entre au service de l’écrivain à peine arrivée à Paris.

Elle se coule vite dans le moule imposé par le malade tyrannique et le comprend très vite à demi-mot.

Elle devient sa « femme de confiance » qui fait barrage aux importuns, qui porte ses lettres en pleine nuit, et qui vit à son rythme nocturne.

De nombreuses photos sont insérées dans le récit, nous faisant un peu plus entrer dans l’intimité de l’alité asthmatique.

J’ai été étonnée que M. Proust, comme l’appelle Céleste, lui raconte ses soirées à son retour. Ils rient ensemble des travers de certains, Céleste finissant par les connaître au travers des portraits de Marcel.

Je me suis même demandée si l’auteur, grâce à Céleste, ne commençait pas par « passer son œuvre au gueuloir » tel Flaubert.

J’ai aimé découvrir l’époque du « camélia » de Marcel, même si Céleste ne l’a pas connu, qui n’est arrivée qu’après à son service.

J’ai découvert un écrivain qui s’était littéralement tué à la tâche, s’enfermant chez lui. Mais aussi un être hypocondriaque qui touchait rarement aux objets dont il avait besoin, qui avait toujours froid et dont les crises d’asthme étaient redoutables.

Et quelle émotion au récit de la mort de celui qui était resté le Petit Marcel de son petit frère.

Merci, chère Céleste, de nous avoir fait partager un peu de vos « nuits enchantées » passées avec le Grand Écrivain.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux croissants que Céleste lui apportait comme seule nourriture avec un café passé de façon spéciale pour lui, après ses fumigations.

Quelques citations :

Et il avait un sourire si triste que j’ai bien senti que les larmes venaient surtout de cela – de cette constatation que, même si on ne guérit pas de ses plus grands chagrins, on y survit toujours. (p.171)

Parce que, Céleste, les paradis perdus, il n’y a qu’en soi qu’on les retrouve. (p.183)

Tel qu’il était en son entier, je l’ai aimé, subi, et savouré. (p.228)

https://alexmotamots.fr/monsieur-proust-celeste-albaret/

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?, roman
27 septembre 2018

Justice, réseaux sociaux

Troisième roman de cet auteur qui ausculte cette fois le fonctionnement d’une enquête judiciaire.

Claire a failli être enlevée devant un supermarché alors qu’elle était enfant. Son père, qui a voulu s’interposer en est mort. Le policier chargé de l’enquête a juré de retrouver le coupable.

Gustavo vit avec sa femme et ses deux enfants une vie de cadre sans incident jusqu’au jour où la police vient l’arrêter et perquisitionner chez lui.

Tout accuse ce père de famille apparemment sans histoire.

L’auteur fait doucement monter la pression, fatigue Gustavo, joue avec le temps, jusqu’à ce que sa femme entre en scène.

Mais dans les dernières pages, retournement de situation avec un certain # qui inonde les réseaux sociaux, sans oublier une chaîne d’information qui veut faire du buzz.

Triste constat que dresse l’auteur où le quidam peut être broyé et par la justice qui prend son temps et par la vindicte populaire qui va à la vitesse d’un tweet.

L’image que je retiendrai :

Celle du fils aîné de la famille, Martin, seul face à son téléphone portable.

Une citation :

Les héros ne sont plus ceux qui agissent, mais ceux qui peuvent revendiquer le statut de victime. (p.214)

https://alexmotamots.fr/est-ce-ainsi-que-les-hommes-jugent-mathieu-menegaux/

Helena
23,00
27 septembre 2018

thriller

D’Helena, il ne sera question qu’en fin de livre.
J’ai donc passé ma lecture à la chercher dans ces pages.
C’est la seule chose qui m’a tenu en haleine.
Certes, le récit est plein de rebondissements, les personnages sont attachants, même Tommy dont on devine peu à peu les blessures.
Mais j’ai été moins convaincue qu’avec le premier roman de l’auteur : "Les loups à leur porte", dont ce second roman se veut plus ou moins une suite.
Beaucoup moins de gore dans ces pages, plus de tension narrative, de non-dits qui plombent l’ambiance.
Ça reste un roman addictif dont l’atmosphère vous poursuit quand vous faites une pause.
Mais le personnage d’Helena tant attendue m’a laissée sur ma faim.
En revanche Norma, l’autre mère m’a émue par ses doutes, ses combats, sa vie de femme avec ses blessures, son instinct de mère.

Un auteur à découvrir, si ce n’est pas déjà fait.

L’image que je retiendrai :

Celle des clubs de golf dont se sert Hayley, un cadeau de sa mère décédée.

Une citation :

Parfois je me dis que cette violence-là est tapie en nous et qu’il ne faut pas grand-chose pour qu’elle surgisse pour tout briser.

https://alexmotamots.fr/helena-jeremy-fel/

Un pied au paradis

Le Livre de Poche

7,30
27 septembre 2018

Amour, États-Unis

J’avais découvert l’auteur il y a quelques années avec son tout premier roman "Serena".

Il m’aura fallu quelques années avant de revenir à lui, pour le meilleur.

Je garde un souvenir très fort de Serena. Mais l’auteur propose ici une toute autre ambiance.

Il fait parler cinq personnages qui chacun raconteront leur version du drame avant, pendant et après.

J’ai aimé l’amour inconditionnel d’Amy pour Billy qui ne peut pas lui donner d’enfants. L’amour de Billy pour Amy qui la laisse aller avec un autre pour concevoir cet enfant.

Et la sécheresse qui fait craindre pour les récoltes. Des années plus tard, tous les champs seront engloutis par l’eau du barrage.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Silver Cross que son amant veut laisser à Amy qui la refuse après lui avoir écorché les mains. Leur fils la refusera plus tard à son tour.

Une citation :

"J’apprenais que quitter un lieu n’était pas aussi simple que de faire ses valises et partir. On en emportait une partie avec soi, qu’on le veuille ou non." (p.211)

https://alexmotamots.fr/un-pied-au-paradis-ron-rash/