Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Dans la brume écarlate
17 avril 2019

Policier

Quel plaisir de retrouver Mehrlicht pour une quatrième enquête sur fond de Paris printanier mais brumeux.
Michel Sardou est mort et enterré au Père Lachaise, là où des litres de sang sont retrouvés.
Des jeunes filles disparaissent, dont la sœur de Tarek, un réfugié syrien de la Porte de la Chapelle. Tarek fera tout pour retrouver sa sœur puis ses meurtriers.
Yvan cherche aussi celui qui, il y a des années, a tué sa bien-aimée Mina. Et il s’agit du même homme, insaisissable.
Dossantos essaye toujours d’échapper à Bruno et au Parti qui l’a coincé.
Latour héberge toujours son amoureux, et Mehrlicht son fils qui lui a mis pour sonneries de téléphone les tubes des années 80 toujours à propos.
J’ai apprécié de lire le périple de Tarek et sa sœur depuis la Syrie, leurs espoirs et leur force ensemble.
J’ai aimé que Tarek ne lâche jamais, au péril de sa vie.
J’ai aimé les propos de l’auteur sur le difficile destin de toute femme : on tient bon les filles !
J’ai aimé les traits d’humour de la narration ainsi que les jeux de mots foireux de la légiste.
Mais dans ce nouvel opus, Mehrlicht tousse beaucoup.
L’image que je retiendrai :Celle d’Ileana dans son sarcophage de verre : ça ne devait pas être beau à voir….

Une citation : "C’est toujours les hommes qui tuent et les femmes qui meurent… dans tout le monde." (p.214)

https://alexmotamots.fr/dans-la-brume-ecarlate-nicolas-lebel/

Amour propre
18,90
3 avril 2019

famille

Ce roman pose la question de la maternité : comment vivre alors que l’on se rend compte qu’avoir des enfants ne nous a pas épanouie ?

Guilia arrive à un moment de sa vie où elle a besoin de faire une pause : ses enfants sont grands et censés être autonomes, ses recherches sur Malaparte l’entraînent à Capri dans la maison de l’écrivain, elle est toujours à la recherche de sa mère.

Si les passages sur la villa de Curzio ne m’ont pas passionnées, j’ai en revanche été scotchée par celles sur le mal-être de Guilia.

Je me suis reconnue dans ses phrases sur l’abandon de sa mère, la douleur de vivre avec une part manquante.

Le sujet de la maternité n’a pas éveillé d’écho en moi, mais j’ai aimé les paroles de réconfort de la responsable de la maison.

Une lecture qui a suscité bien des émotions, m’a fait venir des poissons d’eau dans les yeux et qui m’a remonté le moral.

L’image que je retiendrai : celle du chat de la maison qui sera finalement baptisé Poucet.

https://alexmotamots.fr/amour-propre-sylvie-le-bihan/

Commissaire Velcro, Un amour de statue

Un amour de statue

Palémon

10,00
1 avril 2019

Bretagne & enquête

Le commissaire Velcro s’est enfin décidé à emménager à Rennes, plus précisément dans la célèbre tour Les Horizons. Dans ce volume, son enquête le mène aux thermes marins de Perros-Guirec où une célèbre cantatrice vient d’être assassinée.
Son adjointe s’occupe, elle, du vandalisme d’une statue de la Vallée des Saints.
Les deux affaires vont se rejoindre sur fond de musique, de manuscrits de Céline et de dédicace de Kundera. Une enquête qui donne envie de partir se faire masser à Perros-Guirec, quitte à se faire envelopper de boue.

L’image que je retiendrai : celle de Velcro mangeant des huîtres comme on fait l’amour.

https://alexmotamots.fr/un-amour-de-statue-valerie-lys/

Les filles de l'ouragan, roman
1 avril 2019

famille, Etats-Unis

Un ouragan ne provoque pas que des dégâts matériels, il peut aussi chambouler des vies. C’est ce qui arrive aux familles de Ruth et Dana, deux filles nées 9 mois après le passage de l’Ouragan.
Nées le même jour, tout les oppose : leur famille, leur morphologie, leur centre d’intérêt. On devine, et puis on est de plus en plus certain, que les filles ne grandissent pas dans la bonne famille. On sent le poids du secret, lourd.
J’ai été un peu déçue que l’auteure insiste si lourdement pour nous faire comprendre ce secret tout au long de la première partie.
La seconde est moins appuyée, qui déroule la vie des jeunes femmes jusqu’aux décès respectifs de leurs parents.

Cette seconde partie était plus intéressante, avec les choix de vie de Ruth et Dana. J’ai aimé suivre la vie d’un fermier américain du New Hampshire des années 50 aux années 80 : ses difficultés, les changements d’agriculture, mais aussi son envie d’excellence.

J’ai trouvé ce roman assez féministe : Dana se met en ménage avec une femme, ce qui heurte certaines consciences dans les années 60. Et le fermier Plank est à la fois fier de ses filles, ses 5 enfants, mais aussi ses fraisiers : il place tout ses espoirs dans ces filles.

L’image que je retiendrai : celle des fraisiers Plank qui s’améliorent de génération en génération.

https://alexmotamots.fr/les-filles-de-louragan-joyce-maynard/

Un élément perturbateur
1 avril 2019

Capitalisme zen

Serge Horowitz est hostile à toute forme d’engagement. Sa sœur l’héberge chez elle. Il ne doit son travail dans un cabinet de consulting qu’à son frère, ministre des Finances.
Pour ne rien arranger, il est hypocondriaque et connaît des moments d’aphasie incontrôlables. C’est une de ces crises qui le saisit alors qu’il est en pleine négociation avec une société japonaise. Quand lui revient la parole, il fait capoter l’affaire…
Mis en demeure de réparer son erreur, le voici lancé dans l’opération de la dernière chance, accompagné de Laura, son associée.
J’ai aimé le personnage de Serge qui fait des pharmacies sur son chemin son second chez lui.
J’ai suivi avec le sourire sa relation avec sa collègue Laura qui n’a d’autre choix que de prendre les devants.
Son absence de relation avec ses patrons, le regard qu’il pose sur eux m’a amusé. J’ai aimé ses réflexions sur le capitalisme sauvage et, en arrière-plan, son frère, ministre des Finances de gauche, qui cache son argent dans des sociétés off-shore.
J’ai aimé les moments de silence qu’il impose à la société qu’il audite, même si cette partie moins développée ne m’a pas pleinement convaincue, je l’ai trouvée un peu rapide.
Un roman qui m’a redonné le sourire et foi en l’avenir de notre société : même dans des firmes au capitalisme sauvage, il peut se trouver des hommes de bonne volonté.
L’image que je retiendrai : celle de la séance de silence dans la salle de réunion du Campanile.

Une citation :
"Et surtout les Chinois, contrairement à vous, assument pleinement de ne pas être une démocratie. Ce qui leur confère une force et une capacité à transformer les décisions en actions tout à fait incomparables. Entendons-nous, les États-Unis n’ont absolument rien à envier à la Chine en matière de corruption, et tout le monde sait désormais que le mot démocratie n’a été inventé que pour que vos concitoyens puissent consommer vos produits à outrance en toute tranquillité, avec l’illusion d’être libre." (p.134)

https://alexmotamots.fr/un-element-perturbateur-olivier-chantraine/