Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Nos derniers festins
20 juin 2019

gastronomie, policier

Imaginez un futur où des restaurants clandestins concoctent des plats à l’ancienne ; où chaque individu a un permis à point l’obligeant à manger certains aliments et pas d’autres.

Dans cette France de 2044, Pierraud est muté dans le Sud-Ouest et découvre sa chaperonne goinfre et décomplexée, lui qui est allergique aux fruits.

Le roman commence sur les chapeaux de roues avec l’accident d’une camionnette transportant du foie gras de contrebande, puis la découverte du corps d’un cuisinier réputé ébouillanté dans sa blanquette.

J’ai eu un peu de mal au début avec les lieux peu clairement identifiés et la multiplicité des personnages car le récit va vite et ne brosse que rapidement le portrait des protagonistes. Je n’ai pas eu le temps de m’attacher aux personnages, dommage.

Ce qui intéresse l’auteure, c’est clairement de nous mettre l’eau à la bouche en nous parlant de petits plats mijotés et parfumés (j’ai découvert certains noms de plats, d’ailleurs).

Pierraud est un lecteur assidu de Brautigan, ce qui ne pouvait que me plaire.

De nombreuses citations de Coluche parsèment le livre.

Une lecture qui vous met l’eau à la bouche tout en faisant réfléchir sur ce qu’il y a dans nos assiettes.

L’image que je retiendrai :

Celle de la blanquette dans laquelle meurt le cuisinier. L’ordinateur de Pierraud n’arrive pas à trouver quel ingrédient est en trop dans la préparation.

Quelques citations :

Je suis végétarienne, mais pas pratiquante. (p.40)

Le but de la procréation, c’est la transmission, pas les sentiments. Il n’était pas obligatoire que les enfants aiment leurs parents. (p.155)

https://alexmotamots.fr/nos-derniers-festins-chantal-pelletier/

Le chat Catia mène l'enquête / Gourous... coucou !
20 juin 2019

chat, policier

Déjà la cinquième enquête de Mademoiselle Catia, excusez du peu.

Partie en vacances chez son soupirant Hector le chien et le comte et de la comtesse Guérouane de Pennec, Catia va se retrouver mêler à une secte dans laquelle est entrée la comtesse.

Grâce au flair d’Hector, quand il ne rêve pas de croisades, et aux petites cellules grises de Catia, le pire sera évité.

Mais bon sang que ce chat dort peu, étrange…

Toujours à faire des jeux de mots, j’ai cette fois-ci moins goûté son langage peu châtié, par rapport à celui d’Hecor, très 17e siècle.

Des aventures rocambolesques et drôles, un personnage principal à quatre pattes, un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Les hommes et les animaux mangent mal dans cette secte.

https://alexmotamots.fr/gourous-coucous-gerard-chevalier/

La disparue de Saint-Maur (T.3)
20 juin 2019

enquête, Révolution française

J’avais beaucoup aimé le dernier roman de l’auteur : "Minuit dans le jardin du manoir".

Celui-ci a eu la gentillesse de m’adresser son dernier roman paru en poche : le tome 3 des enquêtes de Dauterive pendant la Révolution française.

Je découvre donc cette série en cour de route, mais je n’ai rencontré aucun problème avec les personnages et leur histoire.

J’ai aimé être plongée en plein cœur de la Révolution où Montagnards et Girondins s’affrontent ; où l’élection du Maire de Paris donne lieu à des manœuvres en sous main pour déstabiliser l’adversaire ; où la Perfide Albion agit dans l’ombre.

Le roman mêle deux enquêtes : la jeune fille disparue de Saint Maur, et les recherches demandées par La Fayette qui brigue le poste de Maire de Paris.

J’ai préféré les recherches sur la jeune fille disparue qui emmène Olympe, l’amie de Dauterive, à découvrir le secret du couvent des Pénitentes.

Les aventures rocambolesques de Dauterive à Londres m’ont moins passionnées.

Le récit est très bien documenté, l’auteur donne ses sources en fin d’ouvrage, mais j’ai regretté les coquilles d’impression qui font se répéter certains mots ou oublier d’autres.

Un hiver 1792 rigoureux, où beaucoup meurent de froid dans la rue.

L’image que je retiendrai :

Beaucoup de descriptions de vêtements dans ce roman.

https://alexmotamots.fr/la-disparue-de-saint-maur-jean-christophe-portes/

DUO FATAL

Le Chat Moire

9,50
20 juin 2019

policier, dentiste

J’aime les polars de Patrick Samuel VAST car ils me réservent toujours des surprises.

Dans ce roman, l’action se déroule dans un cabinet de dentiste : l’assistante du Docteur Lesigne lui déclare qu’elle part se fiancer à Grâce la semaine prochaine, et qu’elle ne reviendra pas travailler au cabinet.

Le dentiste élabore alors un plan pour retenir coûte que coûte son irremplaçable assistante.

J’ai aimé le voisin, Geo, joueur de saxophone et aveugle, qui aidera l’ancien commissaire en retraite à résoudre l’affaire.

J’ai aimé les deux amis du dentiste qui soupçonnent quelque chose, car le médecin n’est pas si organisé que cela.

L’auteur soigne son écriture et n’abuse plus des virgules (voir ici).

Et la présence du chat noir dans le texte, comme sur la couverture, m’a fait sourire.

L’image que je retiendrai :

Celle du dentiste qui, sous le coup de la pression, fait souffrir ses patients.

https://alexmotamots.fr/duo-fatal-patrick-s-vast/

Les Furtifs
20 juin 2019

science fiction

On entre dans un roman de Damasio : on accepte le monde qu’il crée pour nous, et sa révolte.

Car il est encore une fois question de révolte dans son nouveau roman : révolte d’un père qui refuse de croire sa fille morte ; révolte de quelques hurluberlus contre la privatisation des villes et le tout-payant.

J’ai aimé son idée de départ : les furtifs, qui seront parfois furtives. Des êtres de chairs et de sons que l’on ne peut voir au risque de les pétrifier.

Personne n’a encore cherché à communiquer avec eux. Normal, l’armée ne veut que les détruire.

Pourtant, le père de Tishka va découvrir que des petits groupes sont entrés en contact avec les furtifs, lui redonnant espoir dans ses recherches.

Mais qui sont les furtifs ? je dirai que ce sont des êtres plus que vivants : en total symbiose avec la nature dont ils peuvent prendre les formes et les couleurs, ils communiquent grâce à l’art (musique, sculpture…).

J’ai découvert avec intérêt le monde moderne décrit par l’auteur : une bague nous donne accès à certaines zones de la ville, et surtout trace nos désirs et nos besoins.

Les différents personnages ont chacun un signe diacritique de reconnaissance quand ils pensent ou parlent, ce qui permet au lecteur de les identifier. Mais l’auteur réussit ce tour de force de leur créer aussi une identité linguistique, un langage propre (haché et connecté, ou plus scientifique…), pour ne pas que nous tombions dans un ronron de lecture.

Les Zones anti-gouvernements m’ont fait penser aux ZAD qui se développent dans l’hexagone.

Si, encore une fois, les récits de combat ne m’ont pas passionnés, j’ai aimé le monde révolté de l’auteur.

Merci, Monsieur Damasio, vous me sortez de ma condition de mouton.

L’image que je retiendrai :

Celle du système d’écriture des furtifs très condensé et qui s’approche de la poésie.

https://alexmotamots.fr/les-furtifs-alain-damasio/