Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

La bête de l'Aven, Les enquêtes de Fañch Le Roy

Les enquêtes de Fañch Le Roy

Palémon

10,00
6 mai 2019

Bretagne, policier

Seconde enquête de Fanch Le Roy qui doit se rendre vers Pont-Aven pour une série de meurtres sordides : 3 jeunes filles ont été sauvagement assassinées, et une 4e en a réchappé de peu.

Mais un jour à la taverne, alors qu’il se désaltérait d’une bolée de cire, il entend parler d’une attaque de diligence. Le récit nous plonge alors en plein western, colts à l’appui.

Les deux affaires vont encore une fois se mêler, la tragique fin de l’une permettant la résolution de l’autre.

Une série qui nous plonge en plein XIXe siècle, et que j’ai plaisir à retrouver.

Pas de temps morts, et un dépaysement garanti.

L’image que je retiendrai :

Celle du peintre de Pont-Aven qui intrigue Le Roy.

https://alexmotamots.fr/la-bete-de-laven-francois-lange/

L'Amour sans le faire
6 mai 2019

famille

Le roman de l’auteur de "Chien-Loup" m’était tombé des mains. C’était le premier que je lisais, mais cela ne m’a pas découragé d’en lire d’autres. Grand bien m’a pris.
Quel magnifique roman : très doux, avec des personnages attachants.
On ne sait pratiquement rien d’eux (de quel mal souffre Franck ? Comment s’appelle le père d’Alexandre ? Comment est mort exactement Alexandre ?), mais peu importe.
Ce qui compte, c’est le moment présent : Franck qui prend le train qui s’arrête en pleine voie ; Louise qui part à l’usine pour ne pas y travailler ; les voisins de la ferme un peu mystérieux….
J’ai aimé vivre quelques jours dans cette ferme à l’abandon, rencontrer Franck et Louise, un peu rêveuse.
Le petit Alexandre bouscule ces adultes écorchés.
Le fait que Franck soit un cameraman ne m’a pas parlé, mais cela n’a que peu d’importance tant ce roman m’a plu.
L’image que je retiendrai : "Celle des deux voisins bourrus mais toujours prêts à dépanner."

https://alexmotamots.fr/lamour-sans-le-faire-serge-joncour/

Cachemire rouge
29 avril 2019

Immigration

Deux vies qui se croisent : celle de Bolormaa, jeune Mongole qui tisse le cachemire comme sa grand-mère lui a appris ; et Alessandra, jeune Italienne qui tient une boutique… de cachemire.

Bolormaa et sa famille sont obligés de vendre leur cheptel de chèvres cachemires. Les garçons seront employés dans une gigantesque ferme chinoise. Bolormaa sera elle employée dans une usine d’une ville de Chine. Elle se lit d’amitié avec XiaoLi et elles décident ensemble de partir en Italie car Bolormaa a vendu à Alessandra le dernier pull rouge qu’elle a réalisé.
J’ai aimé suivre Bolormaa et XiaoLi dans leur périple migratoire grâce aux triades.
J’ai aimé les maximes de XiaoLi qui remontent le moral aux filles.
J’ai découvert que la ville de Pékin était envahie par les poussières de la steppe à cause de l’agriculture intensive.
J’ai appris que les vêtements « made in » sont bien produits dans le pays, mais par des ateliers clandestins de chinois, où autres. L’ironie étant que ces villes européennes devenues des Chinatown étaient, dans le temps, des fiefs du parti communiste.
Un roman qui redonne espoir en le genre humain. Enfin, surtout les femmes, car il n’y a pas beaucoup d’hommes dans cette histoire.

L’image que je retiendrai : Celle du pull rouge que toutes les femmes italiennes veulent posséder.

2 citations :
"Mille victoires sur mille ennemis ne valent pas une seule victoire sur soi-même." p.59
"Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie." p.77

https://alexmotamots.fr/cachemire-rouge-christiana-moreau/

Vigile

Le Tripode

13,00
29 avril 2019

Coma

Le cauchemar : la narratrice se réveille en sursaut, son compagnon a un AVC. Pendant qu’elle lui prodigue un massage cardiaque, ses enfants se réveillent.
Les pompiers le transportent à l’hôpital. Au matin, elle va le retrouver aux soins intensifs qu’il ne quittera pas pendant une semaine. Entourée de leur famille, de leurs ami-es, voisins… la narratrice raconte leur amour, leur travail, leurs enfants.
Et sa présence à ses côtés, tous les jours.
J’ai aimé les émotions décrites sans fard, les présences rassurantes. On ne connaîtra le prénom de son homme qu’à la fin de son récit.

L’image que je retiendrai : "Celle du foulard en cachemire avec son parfum qu’elle laisse entre les doigts inertes de son homme."

https://alexmotamots.fr/vigile-hyam-zaytoun/

Animal
19,90
29 avril 2019

Suspens

Népal : une jeune femme sauve deux enfants attachés en pleine nuit à un arbre en pleine forêt. Ils s’enfuient dans la capitale.
Dans le bidonville, ils tentent de survivre, mais Nun, le garçon, adopte une conduite de plus en plus risquée, épaulée par Nin, la petite fille recueillie en même temps que lui.
Mara se voit dans l’obligation de les séparer : elle confie Nin à un dispensaire après lui avoir coupé un doigt, et retourne avec Nun dans la jungle.
Puis le récit s’ouvre sur une chasse à l’ours au Kamtchatka, pendant laquelle Lior, une jeune femme taillée pour la chasse s’en sort de justesse, au grand soulagement de son mari Hadrien.
Lior a frôlé la mort et se tourne vers son passé au Népal.
Encore une fois, Sandrine Collette prouve qu’elle est la patronne du suspens : la chasse à l’ours jamais lassante, la recherche des origines de Lior. L'auteure se révèle la maîtresse des fins réalistes.

J’ai aimé cette question posée en filigrane sur l’inné et l’acquis : quelle est notre part de liberté ? J’ai aimé sentir les instincts de chasseur, la traque qui n’est pas forcément menée par l’homme. Enfin, certaines phrases m’ont parlé et ont révélé des émotions enfouies.

C’est pour ça que j’aime autant la littérature. Merci, Mme Sandrine Collette de me le rappeler, si brillamment, encore une fois.

L’image que je retiendrai : "Celle d’Hadrien qui aime tellement Lior, sans condition, qu’il est prêt à tout pour elle."

Quelques citations :

"Rien n’a d’importance."

"La vie s’écoule et il en suit le lent mouvement sans un mot." (p.181)

"Hadrien n’a pas de vide. Il ne connaît pas la béance, ni le sentiment d’être incomplet." (p.204)

"Il conçoit soudain la force des murs élevés par la conscience autour de cette période dramatique pour la faire disparaître, pour faire croire que ces jours-là n’ont pas existé." (p.259)

"La peur de la petite fille." (p.263)

https://alexmotamots.fr/animal-sandrine-collette/