Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Le singe de Hartlepool

W. Lupano, J. Moreau

Delcourt

10 septembre 2013

bande dessinée

Depuis sa sortie, ce singe hante la blogosphère. Depuis que je l'ai vu, il m'intrigue.
Même si la quatrième de couverture en dit beaucoup, j'ai apprécié le graphisme de cette bande dessinée. Surtout les personnages criant, mais dont on ne saura jamais les paroles, et cela a peu d'importance. Car on crie beaucoup, dans ces pages, et souvent pas pour les bonnes raisons.
Les jeux des enfants donnent de la fraîcheur au propos ; et le personnage du cul-de-jatte est à se tordre de rire.
Pauvre singe, pauvre monde....
L'image que je retiendrai :
Celle du tricorne, si emblématique d'une France conquérante et détestée.

Un jour par la forêt, roman
10 septembre 2013

Paris, école buissonnière

A lire la quatrième de couverture, je craignais de lire un "remake" de "Zazie dans le métro". Et bien pas du tout.

J'ai eu entre les mains un roman bouleversant sur la journée d'une petite fille perdue, qui fuit son collège (pardon, lycée) où elle ne se sent plus à sa place, persécutée par son professeur de français, Mme Lemagre.

Au cours de son errance lui reviennent en mémoire, indistinctement, les vers du poème de Victor Hugo "Demain, dès l'aube", parsemant son vagabondage d'une pointe de poésie.

Les autres personnages de l'histoire ne sont pas en reste, ainsi suit-on la mère qui fait des ménages et la-dite prof au long de cette journée.

Mais, si le personnage de Sabine est profondément émouvant, en revanche, j'ai trouvé le personnage de la prof quelque peu caricaturale. De même, les anglais que rencontre Sabine sont eux-mêmes professeurs, de quoi donner des boutons aux allergiques à l'institution scolaire.

La quête du père est aussi importante, au moins dans la première partie du roman ; quête qui n'a pu que me toucher personnellement.

Ceci dit, j'ai passé un très agréable moment de lecture, et je me souviendrai longtemps, je pense, de cette élève attachante.

L'image que je retiendrai :

Celle de Sabine à l'intérieur de Notre-Dame-de-Paris, au milieu de cette forêt.

Furioso
22,00
1 septembre 2013

Policier, Suède

Un roman policier passionnant, même si la première partie, en huis-clos, est plutôt étouffante.
Heureusement, la seconde partie apporte de l'air et la résolution de l'énigme, doucement.
Car il s'agit d'un roman policier nordique, alors pas de vitesse ni de précipitation. En revanche, pas de vision pessimiste de la société suédoise. L'auteure s'attache en fait à la musique, omniprésente.
J'ai toutefois décelée une aristocratie suédoise qui occupe encore une place importante dans la société.

Au final, un roman qui tient en haleine jusqu'à la dernière page. J'ai quitté à regret ce quatuor à cordes meurtrier.
L'image que je retiendrai :
Celle de l'île privée sur laquelle séjourne le quatuor, isolée de tout, et envahit par la musique.

Dans la maison de l'autre
1 septembre 2013

Allemagne, amour, guerre

L'action se déroule dans la ville de Hambourg dévastée (en partie) par les bombardements alliés. C'est sur un arrière-plan de ruines que se déroulent donc l'action.
Dans ce roman, il est question d'amour : entre Lewis et sa femme dont la flamme de la passion a du mal à renaître des cendres de la guerre ; de l'amour que voue Herr Lubert à sa femme qu'il croit morte ; des amours naissant de sa fille sur fond de vengeance.
Il est question de morts et de résurrection : les deux hommes de la maison ont perdu qui un fils (Lewis), qui une femme (Lubert), tout deux dans les bombardements de l'ennemi.
Il est question de reconstruction : celle de la ville qui, contre des tickets d'alimentation emploie toute la main d'oeuvre disponible pour déblayer les gravats sous lesquels gisent des cadavres.

Il est question de vengeance : celle de Frieda, la fille de Lubert, qui cherche à retrouver la gloire du régime défunt avec ses petits moyens ; des Tommies (les anglais) qui détroussent les maisons dans lesquelles ils habitent.
Il est question de survie : celle des « Trümmerkinder », ces enfants des débris, orphelins vivant de menus trafiques.
Un arrière-plan historique intéressant, donc, l'histoire d'amour étant plutôt convenue.
L'image que je retiendrai :
Même une fois la guerre terminée, il reste toujours une graine d'idéologie nazi, les allemands continuant de parler par tranche de « mille ans ».

Un papillon sous la neige
1 septembre 2013

Bijou, danse, URSS

Un roman fort sympathique sur la danse et le régime stalinien.

Alors certes, on n'apprend pas grand choses que l'on ne sache déjà sur le NKVD et les purges soviétiques. En revanche, l'auteure nous fait vivre de l'intérieur la vie des danseuses du Bolchoï.

Et puis Nina est passionnée pas son métier et ne pense qu'à la danse. La politique, ce n'est pas son truc. Elle ne fuira donc pas le bloc de l'est à cause de Staline.

Staline qui fait des apparitions au théâtre et qui parle aux danseurs étoiles. Une phrase passe-partout que tout le monde décortique après son passage. Bon point pour l'auteure qui fait sentir le culte de la personnalité mis en place par cet homme autour de sa personne, et qui remplace, d'une certaine façon, le culte religieux.

Les personnages qui m'ont le plus intéressé, c'est d'abord Grigori Solodin, qui recherche ses vrais parents en ex-URSS, ainsi que Viktor, le mari poète de Nina.

Le personnage de Drew est intéressant, également. Jeune femme divorcée contre l'avis de ses parents car elle refusait une vie toute faite comme ses parents le désiraient, elle est passionnée par la parure d'ambre de Nina, allant jusqu'à faire des recherches en russes pour éclaircir le mystère.

En résumé, un roman qui tient en haleine par une chaude journée d'été.

L'image que je retiendrai :
Celle des coulisses du Blochoï dont le chauffage ne marchait pas certains jours....