Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Les anges de New York

Sonatine éditions

22 septembre 2012

New-York, policier

"Seul le silence" ne m'avais pas plu du tout (abandon) - J'avais trouvé quelques longueurs aux "Anonymes" - Toujours pas lu "Vendetta" (mais qu'est-ce que j'attends ?...)

Le quatrième opus de l'auteur ne pouvait être que parfait, et il l'est (enfin presque).

J'ai beaucoup aimé le démarrage en fanfarre, les chapitres courts alternants avec la thérapie de Franck en chaque début de journée. L'enquête est sans concession, même si le doute plane jusqu'au bout.

Bizarrement, je crois que j'ai préféré la thérapie à l'enquête en elle-même. Surtout ce que cette thérapie révèle des Anges de New-York supposés lutter contre la mafia mais trop corrompus eux-même. D'ailleurs, une question me turlupine depuis : comment expliquer dans ce cas que la mafia ait disparu de New-York ? Mais peut-être est-ce parce que l'auteur est un adepte de la théorie du complot...

Bref, j'ai apprécié de suivre Franck, cet inspecteur à la marge, écouter ses avis désabusés sur le système judiciaire américain, mais resté malgré tout un homme fidèle à son instinct envers et contre tout.

L'image que je retiendrai :

Celle de la femme de Franck, devenue une véritable "cagole", bière que je buvais en lisant ce roman pendant mes vacances dans le Luberon.

http://motamots.canalblog.com/archives/2012/08/28/24809016.html

Livre 1, Avril-juin, 1Q84 - Livre 1, Avril-Juin

Livre 1, Avril-juin

Belfond

23,50
22 septembre 2012

amour, rêve, secte

Oui, vous avez bien lu : 17h d'écoute pour ce roman foisonnant (enfin, la première partie du triptyque, seulement). Je salue donc la performance des deux acteurs qui tiennent les rôles principaux : Maïa Baran pour Aomamé et Emmanuel Dekoninck pour Tengo.

Venons-en au roman lui-même. Je connaissais Murakami à travers quelques romans lu de lui, dont "Kafka sur le rivage" qui m'avait charmé dès le départ. Ce roman-ci n'a pas fait effet tout de suite. Je l'ai trouvé un peu long à démarrer, plein de digressions qui me perdaient un tantinet.

Puis, j'ai compris le rythme de la narration et de l'histoire, au fil des heures, les personnages sont devenus plus clairs, et le charme a opéré.

Le monde imaginaire de 1Q84 et de ses deux lunes ; mais aussi le monde réel et ses hommes qui n'aimaient pas les femmes.

Mais tout de même, l'auteur tourne un peu autour du pot. Chercherait-il le Nobel qui lui a échappé depuis quelques années ?

Et puis ses histoires de Little People m'ont d'abord fait penser aux petits personnages avec lesquels jouaient mes enfants. Un peu trivial comme comparaison. Non, l'auteur est plus intellectuel et oppose Little people et Big Brother, bien sûr. Big Brother - 1984 - tout un programme.

Il est également beaucoup question de whisky dans cette première partie. Trois marques sont sitées et comparées. N'étant pas une amatrice, j'ai trouvé tout de même que les personnages picolaient.

Et puis ouf, pas de jazz cette fois-ci, mais de la musique classique. Il va d'ailleurs falloir que je cherche ce fameux morceau dont il est question tout le long du livre.

Où veut-il emmener son lecteur ? J'ai hâte de le savoir !

L'image que je retiendrai :

Celle des deux lunes, justement, à la fois poétique et pleine d'interrogations.

A propos de mon écoute :

17h, ça fait long à écouter, et pas question de hâcher ma lecture en voiture (d'autant que parfois, je ne suis pas concentré sur ce qui se dit à la radio quand je conduis....)

Me voici donc installée dans une pièce à peu près calme, loin des enfants, car je profite des vacances pour ne pas trop entrecouper le récit. Murakami réclame une attention de tous les instants et à (presque) tous les détails.

J'ai à ce propos regretté de ne pouvoir retourner sur les passages qui m'avaient échappées. Je suis une visuelle (merci la télé...) et j'arrive à me souvenir de passages écrits sur lesquels j'ai besoin de revenir. A l'oral, c'est plus difficile.

Une expérience intéressante, mais sans doute plus valable pour les textes courts.

http://motamots.canalblog.com/archives/2012/08/27/24977638.html

Boomerang, roman

roman

Tatiana de Rosnay

Le Livre de Poche

7,10
22 septembre 2012

amour

Voici un roman correct et honnête, mais rien de nouveau sous le soleil.

A un moment donné de ma lecture, j'ai même cru que je lisai du Katherine Pancol. Tout se déroule comme sur des roulettes pour le héros (bien sûr, il a des soucis, mais son fils fini par rentrer dans le rang et son amoureuse n'hésite pas à faire le trajet Noiremoutier/Paris sur sa Harley rien que pour une nuit avec lui).

Les grands parents sont des méchants coincés du 16e et la mère décédée du héros une pauvre cevenolle de grande classe.

Son précédent roman "Elle s'appelait Sarah" m'avait déjà déçu car trop téléphoné. Celui-ci ne déroge pas à la règle.

Un point positif tout de même, et non des moindres, est que le métier de thanatopracteur est décrit de façon fort engageante. A tel point que je me suis demandée (l'espace d'une seconde) si je n'allais pas changer de profession. Embomeuse, quel beau métier : calme, tranquille, pas de dispute avec son patient qu'il faut rendre plus beau sans qu'il râle. Imaginez le rêve...

L'image que je retiendrai :

Celle des cheveux poivre-et-sel des personnages si beaux. Un peu comme ceux de l'auteure....

http://motamots.canalblog.com/archives/2012/08/24/24808842.html

Dans le jardin de la bête
21,00
22 septembre 2012

Allemagne, Etats-Unis, ambassade

Voici plus un livre-document sur la famille Dodd en Allemagne nazi que réellement un roman. Il faut dire que la vraie vie de cette famille est un roman à elle seule, ou "Quand la réalité dépasse la fiction".

Le père, ambassadeur par défaut, car n'ayant aucune formation diplomatique. Mais c'est un universitaire à l'esprit éclairé et vif, un démocrate à l'ancienne qui tient absolument à réduire le train de vie de l'ambassade à Berlin après la Crise de 1929.

Martha, la fille, qui est d'abord séduite par le renouveau de l'Allemagne et oublie vite les incidents lors des manifestations du Partie. Mais peu à peu, l'atmosphère de Berlin change, obligeant ses amants à s'exiler, parfois. Sans oublier Boris le communiste convaincu qui lui ouvre les yeux sur la réalité du pays.

Erik Larson sait nous faire sentir la tension grandissante qui prend la capitale allemande pour ne plus la lâcher. Tout le monde surveille tout le monde, tout en cherchant à plaire aux cadres du Partie, sans savoir s'ils seront encore vivant le lendemain.

Ce livre est passionnant de ce point de vue : il a su me faire toucher du doigt l'atmosphère délétère de Berlin.

Et Roosevelt qui fait la sourde oreille, entouré d'un personnel qui ne veut croire qu'en la paix, refusant d'ouvrir les yeux sur le réarmement de l'Allemagne.

Sans oublier les diplomates "à l'ancienne" qui mettent des bâtons dans les roues de l'Ambassadeur, car celui-ci n'a pas été formé à leur école.

Tout est donc en place pour la Seconde Guerre Mondiale dont la Nuit des Longs couteaux marque le commencement.

Les images que je retiendrai :

Celle des longues promenades de William Dodd dans le parc à côté de sa résidence, lieu de rencontre informelle entre les différents ambassadeurs. Ainsi que celle des virées en voiture de Boris et Martha, loin des écoutes et des espions.

http://motamots.canalblog.com/archives/2012/08/23/24934291.html

Qu'avons-nous fait de nos rêves ?
22 septembre 2012

Etats-Unis

Prix Pulitzer, excusez du peu !

Pourtant, voici un roman typiquement américano-américain. La narration n'est pas fluide, l'histoire hachée, comme les dialogues des personnages.

Je développe : oui, il est question de deux personnages présentés dans le résumé. Pourtant, à aucun moment, cela n'est clair, car ces deux personnages évoluent au milieu d'une foule d'autres qui se croisent sans cesse. Au début de sa lecture, pourquoi donc préféré ces deux plus que d'autres, qui sont tout aussi intéressant ?

Ensuite, l'histoire est hachée. Chaque chapitre se focalise sur un personnage (pas forcément Bennie et Sasha) pour le suivre quelque temps, et puis plus rien. Le temps fait des bons sans que jamais il n'y ait d'indication d'époque, sauf l'âge de Bennie et Sasha, au détour d'une phrase.

Enfin, rédibitoires, les dialogues. Maximum 6 lignes qui ne disent rien, ne mènent à rien, ne font pas avancer le schmilblick et finissent en queue de poisson. J'en attendais plus : un peu de psychologie dévoilée, une avancée dans l'intrigue. Mais non.

Un roman qui piétine, je vous dis. Ceci dit, certains m'opposeront le fait que ce roman suit la ligne du temps, sinueuse ; s'approche de la réalité dans laquelle nous croisons et recroisons des êtres. Mais j'attends autre chose de la littérature, notamment qu'elle mette de l'ordre et de la fluidité dans la vie.

Seul point de repère : la musique. Attention, pas de partitions de Brahms, non, de la musique pop et rock des années 70-80. Et pas les stars internationales, les groupes typiquement américain. De quoi s'ennuyer ferme quand on n'en connaît aucun.

L'image que je retiendrai :

Celle des cheveux roux de Sasha.

http://motamots.canalblog.com/archives/2012/08/22/24667481.html