Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

L'enfant de Garland Road
29 avril 2019

États-Unis, policier

L’action se déroule dans le Vermont où Kevin O’Hagan s’est retiré après la mort de sa femme. Le veuf tente d’oublier que son ancien amour était en fait une femme de pouvoir désolée que son mari n’ait pas percé comme écrivain, préférant s’occuper de leur fille unique, Nora.

Nora est maintenant une adulte et Kevin se retrouve seul avec une « retraite » versée par son épouse défunte.
Jusqu’au jour où les parents de son neveu sont assassinés. Il récupère donc la garde de David. Mais les méchants rodent toujours autour du jeune garçon.

J’ai aimé qu’en chaque début de partie, Kevin se remémore sa vie avec sa femme, et sa façon de faire son deuil. J’ai aimé l’histoire qu’il invente pour sa fille Nora puis pour David. J’ai aimé l’amitié de Kevin avec Fran, shériff à la retraite mais toujours en action, qui aidera Kevin. La partie policière de l’histoire est plus classique.

Un roman très américain, écrit par un français, fils de.

L’image que je retiendrai : Celle de Point Dume en Californie, où se déroule les histoires inventées par Kevin.

https://alexmotamots.fr/lenfant-de-garland-road-pierre-simenon/

Prémices de la chute
17 avril 2019

Terrorisme

Après l’excellentissime La guerre est une ruse, j’étais impatiente de lire la suite.

Tedj Benlazar n’est plus en Algérie mais en ex-Yougoslavie où la guerre fait rage. Sa fille Vanessa s’éprend d’un journaliste de "La Voix du Nord" qui couvre les faits divers.

En janvier 1996, dans la banlieue de Roubaix, à Croix, deux malfrats tirent à l’arme automatique sur des policiers lors d’un banal contrôle routier. Reif Arno, le journaliste remonte leur piste et découvre derrière ces deux braqueurs une entreprise terroriste qui échappe encore aux radars du renseignement français.

Au fil des années, jusqu’en 2001, la petite organisation Al-Kaïda va prendre de l’ampleur.

J’ai aimé suivre Reif Arno, journaliste un peu pataud que son beau-père Tedj envoie en Afghanistan, son amour torride avec Vanessa.

J’ai découvert Zacarias Moussaoui, petit gars de Narbonne qui n’a pu aller au bout de sa mission du 11 septembre, son parcours à Londres dans le Londonistan, et sa préparation en Afghanistan.

Gh’zala, dont Tedj était amoureux en Algérie, y vit toujours et lutte contre le Code la famille imposée aux femmes par le régime Bouteflika.

Benlazar se fait plus discret, qui disparaît dans la France profonde en Haute-Loire, mais qui continue, à sa façon et grâce à Reif, d’alerter ses anciens camarades sur le nouveau terrorisme.

Un récit mené tambour battant, alternant les personnages et faisant défiler les années jusqu’au bouquet final tragique.

Ce second volet, plus proche de moi dans le temps, m’a aidé à mieux comprendre le conflit en ex-Yougoslavie et ses répercussions actuelles, mais aussi le mode de préparation des attentats et l’inertie des services secrets américains.

Un roman fort, riche et documenté qui se lit comme un polar.

J’ai hâte de découvrir le dernier tome de cette trilogie : se déroulera-t-il en 2020 ou plus tard ? Quels seront les réseaux terroristes à l’œuvre ?

L’image que je retiendrai :

Celle des grottes de Tora-Bora où Reif se retrouve retenue, attendant une hypothétique interview. L’hiver, il y fait très froid, le climat servant de rempart naturel à toute intrusion ou tentative de fuite.

Quelques citations :

Un peu comme en Algérie, il faut suivre l’argent. (p.61)

Les militaires sont derrière toute chose en Algérie, capitaine. On dit « le GIA », mais c’est les militaires, en fait. p.126)

Il songe que celui qui cesse d’être ton ami ne l’a jamais été. C’est Shakespeare ou Aristote qui l’a dit. Les Algériens et les Français n’ont jamais été amis, c’est vrai. (p.127)

https://alexmotamots.fr/premices-de-la-chute-frederic-paulin/

Sur les chemins noirs
17 avril 2019

France et ruralité

Après une chute d’un toit qui a failli lui coûter la vie, et après des mois de rééducation pendant lesquels il programme son équipée, Sylvain Tesson se rend à la frontière italienne et commence son périple qui le mènera dans le Cotentin.
Tout en marchant d’un bon pas, il nous fait part de ses réflexions sur l’évolution de la France qu’il traverse.
J’ai aimé ses rares parallèles avec ses équipées en Russie.
Le paysan est taiseux mais a le cœur sur la main.
Difficile pour le marcheur d’échapper aux zones urbaines.
L’image que je retiendrai : Celle de l’auteur dormant à la belle étoile.
Quelques citations :
"L’essentiel dans la vie est de s’équiper des bonnes œillères." (p.40)
"C’était la noble leçon de Mme Blixen devant le paysage de sa ferme africaine : »Je suis bien là, où je me dois d’être. » C’était la questuo6cruciale de la vie. La plus simple et la plus négligée." (p.59)
https://alexmotamots.fr/sur-les-chemins-noirs-sylvain-tesson/

Par le vent pleuré
17 avril 2019

Enquête aux États-Unis

Ligeia vient d’arriver pour l’été 69 à Sylva, petite bourgade des Appalaches.
Un jour où elle se baigne dans la rivière, Bill et son jeune frère Eugène la prenne pour une sirène, et Eugène tombe fou amoureux de cette jeune fille qui se donne si facilement à lui, contre quelques pilules.
Car le grand-père des garçons est médecin, et ils ont accès à la pharmacie du cabinet.
Quand le roman s’ouvre, le shériff vient de découvrir le cadavre de Ligeia dans une bâche enterrée.
Eugène devenu alcoolique contact son frère, devenu un chirurgien renommé, pour éclaircir le mystère du meurtre de la jeune fille qu’il croyait partie en Floride.

Un roman qui pourrait paraître léger, si ce n’était l’omniprésence du grand-père qui tient d’une main de fer la famille et la destinée du fils aîné, entraîné dès son plus jeune âge à devenir un grand chirurgien.

Le personnage d’Eugène m’a ému, alcoolique qui a failli tuer sa petite fille lors d’un accident de voiture alors qu’il conduisait en état d’ivresse. Depuis, il n’a plus de nouvelle.

Eugène qui a commencé à boire en compagnie de Ligeia et qui ne s’est jamais arrêté, sa forme de liberté ?

L’image que je retiendrai : Celle de Nabo, l’homme à tout faire muet du grand-père.

https://alexmotamots.fr/par-le-vent-pleure-ron-rash/

Dans la brume écarlate
17 avril 2019

Policier

Quel plaisir de retrouver Mehrlicht pour une quatrième enquête sur fond de Paris printanier mais brumeux.
Michel Sardou est mort et enterré au Père Lachaise, là où des litres de sang sont retrouvés.
Des jeunes filles disparaissent, dont la sœur de Tarek, un réfugié syrien de la Porte de la Chapelle. Tarek fera tout pour retrouver sa sœur puis ses meurtriers.
Yvan cherche aussi celui qui, il y a des années, a tué sa bien-aimée Mina. Et il s’agit du même homme, insaisissable.
Dossantos essaye toujours d’échapper à Bruno et au Parti qui l’a coincé.
Latour héberge toujours son amoureux, et Mehrlicht son fils qui lui a mis pour sonneries de téléphone les tubes des années 80 toujours à propos.
J’ai apprécié de lire le périple de Tarek et sa sœur depuis la Syrie, leurs espoirs et leur force ensemble.
J’ai aimé que Tarek ne lâche jamais, au péril de sa vie.
J’ai aimé les propos de l’auteur sur le difficile destin de toute femme : on tient bon les filles !
J’ai aimé les traits d’humour de la narration ainsi que les jeux de mots foireux de la légiste.
Mais dans ce nouvel opus, Mehrlicht tousse beaucoup.
L’image que je retiendrai :Celle d’Ileana dans son sarcophage de verre : ça ne devait pas être beau à voir….

Une citation : "C’est toujours les hommes qui tuent et les femmes qui meurent… dans tout le monde." (p.214)

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