Hélène-Lecturissime

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Littéralement passionnée par la littérature, je cherche par tous les biais à partager cette passion et à découvrir de nouveaux romans ou auteurs inoubliables...
J'ai créé récemment un blog de lecture spécialisé en littérature étrangère, ce qui me permet de faire de belles rencontres...

Le goût de la vie commune
18 juin 2014

Une déception !

Claude Habib chante un culte de la vie à deux, en opposition avec le modèle de la femme ou de l'homme libre de toutes contraintes, qui peut être tentant pour certains. Malheureusement, la réflexion de l'auteur n'avance pas : on pourrait résumer en disant que la vie à deux c'est bien, la vie en solitaire, c'est triste ! Que de poncifs et de superficialités ! Comme l'auteur est lettrée, elle tient à le montrer en convoyant des auteurs divers et variés, mais les citations sont insérées de façon artificielle. Le sujet est survolé, le point de vue adopté est souvent uniquement celui de la femme et l'ensemble manque de profondeur. Un essai qui n'apporte rien !

"Ce que le couple rend possible, c'est l'expérience courante du souci d'autrui, la pratique habituelle de la gentillesse. Ce que le couple permet, dans le meilleur des cas, ce n'est pas la fierté d'être agréable à autrui, que la séduction peut fournir. Ce n'est pas la certitude d'être utile, que l'insertion professionnelle peut donner. C'est le sentiment d'être bon, même à petite échelle."

La dernière course
12 mai 2014

Une déception

Pour moi, ce roman ado souffre malheureusement d'un défaut de construction qui a eu raison de mon intérêt pourtant certain pour l'histoire :

- Le premier chapitre s'ouvre à l'hiver 1900

- Au chapitre 4 intitulé "3 ans plus tard", on se dit que l'on va enfin rentrer dans le vif du sujet

- et ce ne sera qu'au chapitre 5 que l'on parvient au printemps 1913 et l'on pense être enfin arrivé !

Mais les sauts temporels semblent être la spécialité de l'auteur qui au chapitre suivant nous emmène en septembre 1914 soit un an plus tard.

Et là on comprend qu'il n'y a pas de "vif du sujet", seulement des chapitres-puces qui affectionnent les sauts temporels, les ellipses.

Ce que je n'affectionne personnellement pas, j'ai eu l'impression de fait de lire un roman décousu.

J'ai abandonné.

Passage de l'amour, nouvelles
18,00
4 avril 2014

"On croit qu'on va dans le vide, et il y a encore quelqu'un qui est là, ou quelque chose."

Pascale Roze nous parle à l'oreille de la vie comme elle va, bonant malant, avec ses coups de blues, ses coups de folie, ses coups de coeur. Elle évoque la difficulté à prendre les décisions, puis la difficulté d'assumer ses choix sans regrets ni remords. Souvent le passé vient hanter les personnages, à l'improviste il s'invite dans leur vie pendant un cours de danse, au détour d'une phrase, ou bien un soir de solitude, incarné par un fantôme.

Si les personnages marchent sur un fil, la vie finit toujours par reprendre le dessus, comme dans "En mer" ou "Kuta", nouvelles dans lesquelles les personnages frôlent la noyade, mais retrouvent la force de remonter, de continuer à nager à contre courant, pour, finalement, être sauvés. La vie apparaît comme un miracle qu'il faut choyer :

" Vous avez ce temps, ce temps compté, pour glaner quelques renseignements personnels sur l'amour, pour augmenter le prix de la vie. Ne trainez pas." "Passage de l'amour"

AInsi, cette vie bigarrée peut offrir des surprises, comme cette rencontre inouïe avec un papillon nommé le sphinx des peupliers.

18 nouvelles qui nous parlent de rédemption et d'espoir...

Chers aventuriers...
7 février 2014

Un vrai bol d’air !

Vincent Noyoux nous convie à la rencontre d'aventuriers modernes, d'hommes et de femmes qui ont cherché à travers le monde à vivre intensément, follement parfois, en se frottant au monde et à leurs propres limites : Jean-Louis Etienne le spécialiste des pôles, Patrice Franceschi, Mike Horn le « demi-dieu de l’aventure », Antoine de Maximy celui qui s’invite chez vous, Bertrand Piccard qui aime voyager en montgolfiere, Sonia et Alexandre Poussin les époux altruistes, Sylvain Tesson, Isabelle Autissier la navigatrice la plus mystérieuse qui ne semble pas s’être beaucoup livrée.

Vincent Noyoux les a rencontrés et s'est intéressé à leur parcours ainsi qu'à leurs motivations. Sur un ton humoristique frais et décapant, il nous livre les réflexions philosophiques, sociologiques, sur ces aventuriers modernes :

Franceschi : « La vie est moins importante que la liberté, la fraternité et l’égalité de droit. La vie ne vaut que s’il y a tout ça. Je plains les gens qui ne savent pas pour quoi ils sont prêts à mourir. » souligne ce rebelle renégat qui s’est engagé dans la guerre en Afghanistan en 1979.

« D’autres questions toutes aussi cruciales furent abordées au cours des deux entretiens que l’aventurier me consacra. Quel sens donne-t-on à sa vie ? La vie l’emporte-t-elle sur la liberté ? Qu’apprend-on au cours de son existence ? Le monde comment ça marche ? Les autres, c’est qui ? Nous devrions tous rencontrer un Patrice Franceshi au moins une fois. Sous ses airs de barbouze au cuir tanné, il surgit dans votre vie comme un contrôle de philo surprise. » p. 55

« Les aventuriers ne servent pas à mesurer l’épaisseur de la banquise, à promouvoir les énergies renouvelables, ni à former de jeunes citoyens du monde. Ils ne servent pas non plus à nous faire rêver, même si certains y arrivent. Ils servent avant tout à nous montrer ce que sont le courage, la volonté, l’humilité, la patience. » p. 226

A conseiller, un vrai bol d’air !

Ciseaux / roman
11 décembre 2013

Une plongée dans l'univers tourmenté de Raymond Carver

Ciseaux est une œuvre de fiction librement inspirée de la relation entre Raymond Carver et son éditeur Gordon Lish. Pour Raymond Carver, vivre c’est écrire, et son écriture est sa vie, sa vie est dans son écriture. Les êtres qui gravitent autour de lui deviennent des êtres de fiction qui lui permettent d’aborder les thèmes chers à son âme : la passion, l’alcool, son autre amour, ses difficultés à créer, puis les femmes, la tentation de dévier du droit chemin… Il est ici à son tout mis en scène, par l'entremise du talentueux Stéphane Michaka.
Il est au centre du roman, bien sûr, écrivain émérite, mais il partage la vedette avec son éditeur surnommé Ciseaux en raison des coupes excessives qu’il effectue dans les nouvelles de ses poulains.

À ses côtés gravitent également sa femme Marianne, ses enfants, puis sa deuxième femme, Joanne.

Par un subtil agencement des points de vue des différents protagonistes, un portait en creux se dessine. Ces différentes voix densifient les personnages, leur apportant épaisseur et profondeur. De plus, cela permet de densifier également les thèmes : le couple, sa déliquescence, l'alcool, le manque d'argent qui devient chronophage et empêche à la création de pleinement se libérer, la rédemption, l'honneur...

"Ciseaux" est un roman plaisant qui nous rappelle que tout n’est que littérature…

Par contre, je ne saurais pas dire précisément pourquoi, mais je ne suis pas plus enthousiasmée que cela… Question de goût probablement .