nymeria

http://avideslectures.wordpress.com/

Grande lectrice depuis toute petite et blogueuse depuis peu, j'adore lire pour m'évader, découvrir de nouveaux auteurs et partager mes impressions avec d'autres lecteurs. ^^

brothers babel 1003, roman
17 avril 2011

Un vrai pavé de 700 pages mais croyez-moi, qui se lit à un rythme haletant une fois bien installé dans l’histoire !

Bothers nous fait suivre la vie de deux demi-frères que tout oppose : l’un est honnête, timide et doit, l’autre est un vaurien pervers et amoral.

Dès les premières pages, l’auteur annonce la couleur : le style est débridé, effréné, le ton exagéré et drôle.

Mais surtout -et là ça choque de prime abord- très cru ! En effet, dans les premiers chapitres, il n’est question que de libido, de fesses et de …poteaux électriques ! (ceux qui l’ont lu comprendront) Tout ça rend la lecture un brin choquante (le gamin a à peine 10 ans) et nombreux seront ceux à vouloir reposer ce livre. Mais s’arrêter là serait une grave erreur car l’histoire est véritablement prenante, et au final Brothers est un petit bijou.

Une fois la trame de fond plantée, on se prend d’amitié pour ce coquin de Li Guangtou qui se révèle rusé comme un singe mais qui a aussi du cœur. Les personnages décrits par Yu Hua ont de l’épaisseur, du piquant, de la drôlerie. Les habitants du bourg des Liu sont tous plus truculents les uns que les autres et le récit glisse d’une atmosphère insouciante et burlesque à un ton beaucoup plus grave et intense.

Car Brothers est aussi un roman historique cruel et consternant sur l’arrivée de la révolution culturelle et de ses retombées qui ont brisés tant de famille. Le roman enchaîne et alterne entre des scènes au ridicule poussé et des passages de torture ou de lynchage qui assombrissent le récit.

Le récit traverse ainsi cinquante ans d’histoire chinoise sans temps mort. Et derrière le bagou de l’auteur, on sent la caricature de cette Chine légèrement schizophrène, déchirée par ces changements frénétiques et incessants. Yu Hua dénonce, amuse et raille ses compatriotes pour notre plus grand plaisir et le lecteur se retrouve face à une fresque magistrale, imposante, déroutante mais au final très jubilatoire.

Alera

Éditions du Masque

17 avril 2011

Pour un premier roman écrit par l’auteur à tout juste 14 ans, je dois dire que je suis bluffée ! Aléra est le premier tome d’une trilogie qui ne laisse présager que du meilleur et il serait dommage de passer à côté (même pour les adultes).

Aléra est la princesse héritière du royaume d’Hytanica où les femmes n’ont aucun pouvoir. Dans cet esprit, chaque héritière doit convoler le jour de sa majorité afin d’assurer la pérennité du royaume et passer les rênes du pouvoir à son mari. D’où un choix de maris très restreint, le prétendant devant être irréprochable, fin stratège, bretteur agile, bref un roi en devenir. L’amour n’ayant que peu de place en définitive, Aléra se retrouve pris au piège du choix imposé par sa père, un jeune homme nommé Steldor qui, s’il est particulièrement beau et doué en tout, n’est pas exempt de défauts. Prétentieux, présomptueux et ne semblant intéressé que par la couronne et aimant s’écouter parler, Aléra a bien du mal à se faire à l’idée qu’il devienne son mari...

Alors soyons clair, oui Alera est bien plus une histoire romantique qu’un roman fantasy. Mais le fait est qu’Aléra fait partie du haut du panier dans le genre. C’est frais, bien construit, richement décrit, un régal. Le style de l’auteur est fleuri, élégant comme un roman moyenâgeux, empli de descriptions de préoccupations d’une princesse de l’époque, je veux bien sûr parler de la mode vestimentaire. Diadèmes, brocart, soie, et fanfreluches en tout genre, Cayla Kluver s’en ait donné à cœur joie sur les descriptions des toilettes de l’époque et son vocabulaire est assez impressionnant. Cette suite de descriptions est un peu redondante au bout des quelques 450 pages du roman et pourra peut être en agacer certains. Mais j’ai trouvé que ça rentrait parfaitement dans les codes de récits romantiques destinés aux filles (ben oui pour moi Aléra, c’est quand même un roman de filles !) et ça cadre parfaitement avec le style du roman.

La narration est posée et régulière, rien d’extravagant mais ça reste très fluide et agréable à suivre, on se retrouve très vite absorbé par l’histoire. Bizarrement, le roman qui ne possède pas beaucoup d’action il faut bien l’avouer, finit par nous passionner totalement et les pages se tournent sans qu’on y prenne garde et c’est déjà la fin ! Pour moi, ça prouve que le roman est vraiment bon, qu’il n’est pas besoin de surenchères dans la narration pour agripper son lecteur et Aléra a beaucoup d’autres qualités.

Ces personnages sont charismatiques, attachants, particulièrement ces messieurs qui sont spécialement réussis (coup de cœur particulier pour London, mystérieux et taquin comme j’aime). L’auteur a visiblement passé du temps à construire ses personnages masculins pour le plus grand plaisir de ces dames (et je l’en remercie XD).L’histoire est bourrée d’humour et de bons sentiments (j’ai beaucoup aimé la scène où les trois jeunes filles déjouent la vigilance des gardes pour pénétrer dans la chambre de Narian). On rit et on vibre avec Aléra qui se retrouve face à un dilemme : renoncer au trône par amour ou épouser Steldor pour le bien du royaume ? De plus, l’intrigue possède tous les ingrédients pour captiver son lecteur : un mystérieux royaume ennemi, une romance, un complot... Et une fois la dernière page tournée, on a qu’une envie, se plonger dans le deuxième tome... qui n’est malheureusement pas encore disponible (il est prévu en vo pour hiver 2011 !) J’en connais qui vont ronger leur frein...

Out, roman

roman

Points

17 avril 2011

Que dire...Vous avez entre les mains un thriller sanguinolent, tranchant. Deux adjectifs qui décrivent très bien ce livre, et qui vous obligeront à avoir l'estomac solide sous peine de franches nausées.
D'une vie banale voire quasi-ennuyeuse : tous les jours, à la chaîne emballer des paniers-repas, puis, le lendemain recommencer...A la maison, un mari qui dilapide tout votre argent, une belle-mère alitée dont il faut satsifaire le moindre désir, un fils qui ne prononce plus un mot. A l'usine, une rumeur qu'un violeur rôde sur le parking...

Il faut pourtant continuer, emballer encore plus de plateaux-repas jusqu'à ce que ...vous craquiez et étrangliez votre mari. Que faire ? Téléphoner à une collègue de l'usine bien sûr ! Celle-là même que l'on appelle "la patronne" et sur qui vous pourrez vous reposer. Oui mais voilà, après avoir embarqué le corps et vous être rendue à votre travail pour ne pas éveiller les soupçons, il vous faut trouver le moyen de vous débarasser définitivement du cadavre, qui attend sagement dans le coffre de votre voiture. Sur le parking de l'usine, celle-là même où vous travaillez et où rôde un violeur...Et pourquoi pas le découper ? Oui, mais voilà un corps d'homme, c'est lourd et il vous faut de l'aide. Pourquoi ne pas demander à cette autre qui travaille à l'usine avec vous et qui a besoin d'argent ? Et si quelqu'un vous surprenez en plein découpage ? Maintenant, plus moyen de retourner en arrière...

Voilà un de ces thriller que l'on peut qualifier d'horrifique. Ici, point de serial-killer mais une brochette de personnages plus mesquins, vils et désoeuvrés les uns que les autres. Fait plutôt rare pour être signalé, l'intrigue principale tourne autour de 4 femmes. Ces "heroïnes" n'ont point à rougir niveau horreur face à ces messieurs. A l'exemple d'un "Battle Royale", ce livre montre que, soumis à des situations extrêmes, les humains sont capables de tout et surtout du pire. Point de bons sentiments ici et pas de fin heureuse pour nos 4 héroïnes. Si vous chercher un thriller choc (et long!), et que vous n'êtes pas rebuté par beaucoup de sang et de membres tranchés, lancez-vous donc dans la lecture de Out.

ATTENTION ! : ambiance malsaine à souhait, et franchement, c'est vraiment très très glauque et sanglant. J'insiste, mais je le déconseille aux âmes sensibles. J'ai moi-même été écoeuré par certaines scènes, c'était limite.

Clair obscur
17,30
17 avril 2011

Enfin édité en France, Clair obscur est un roman incontournable que tous se devraient avoir lu, ne serait-ce que pour son contexte historique méconnu qu’est le « passing ». « Passer », c’était se faire passer pour blanc(he) alors que l’on avait des origines africaines aux Etats-Unis. Il faut se souvenir du contexte ségrégationniste de l’époque : transports en communs différents, restaurants séparés, quartiers blancs, admission dans les écoles, etc. Il était donc beaucoup plus facile de vivre quand la couleur de notre peau pouvait passer pour blanche.

Le problème, évidemment, était de ne pas se faire prendre, car cela pouvait avoir des conséquences graves, le racisme était très présent à l’époque et nombre de familles n’aurait jamais supporté avoir « un noir » dans la famille…
Le livre de Nella Larsen nous apprend beaucoup de choses sur cette époque et cette tendance du «passing» , à travers le regard de deux amis, Irène et Claire, dont l’une est « passée ». D ‘ailleurs le choix de son nom n’est certainement pas insignifiant (Claire). Claire qui a choisi de « passer » pour avoir une vie meilleure, plus confortable, a épousé un homme blanc, raciste convaincu, qui surnomme sa femme « Neg’ » à cause de la couleur de sa peau (sans connaître la vérité). Irène aura bien du mal à comprendre le choix de son amie, surtout qu’à n’importe quel moment son mari pourrait découvrir la vérité.
La relation Irène-Claire qui est le thème central de ce roman est ambigu. Claire fait tout pour revoir Irène, alors que cette dernière ne veut plus entendre parler d’elle mais finit toujours pas se laisser amadouer par son charme. C’est une espèce de relation amitié-répulsion qu’ont noué les deux femmes et Nella Larsen, par des phrases courtes qui brillent par leur intensité, conduit habilement son lecteur jusqu’au drame final, qui se profile tout au long du roman. J’ai trouvé ce roman merveilleusement bien écrit, le lecteur se retrouve littéralement « porté » par l’ écriture de Nella Larsen. Un vrai bonheur.
De plus, Clair obscur est un roman court, qui se lit très vite. Trop vite. J’aurai bien aimer prolonger ma lecture tant le récit est passionnant, la plume de Nella Larsen, brillante. Un chef-d’œuvre, pour ma part.

Crossfire, roman policier

roman policier

Philippe Picquier

17 avril 2011

Crossfire est un roman qui oscille entre policier et fantastique d’une main de maître. Miyuki Miyabe signe avec ce troisième roman au suspense haletant, un thriller incontournable de la littérature japonaise.

Junko, justicière à ses heures grâce à son pouvoir de pyrokinésie, est une héroïne forte et attachante. Elle va se retrouver entraînée par pur hasard dans un complot savamment orchestré. Le pouvoir de Junko est ici admirablement décrit et on sent que l’auteur a pensé à tous les détails que peuvent engendrer la puissance destructrice du feu.

Je pense notamment à la façon dont Junko doit régulièrement relâcher sa puissance afin de ne pas se consumer elle-même ou son entourage. Intelligent et captivant. Le récit n’en est que plus réaliste et passionnant.

On ressent beaucoup d’empathie envers notre héroïne qui essaye de rendre justice et châtier les criminels que la police n’arrive pas à inculper. Certes, c’est un pouvoir meurtrier et Junko l’utilise sans état d’âmes. Pourtant, au fur et à mesure que l’intrigue avance, celle-ci se posera de plus en plus de questions sur elle-même et sur son pouvoir, qui semble avoir une vie propre. Contrôle-t-elle sa pyrokinésie ? Ou est-ce le feu qui la contrôle ? Troublant…

Sur certains points, Crossfire m’a un peu rappelé Death Note et son fameux anti-héros Light Yagami. Même si on est en désaccord avec sa façon de faire et de voir les choses, peut-on blâmer Junko de vouloir punir des assassins ? Bon, je vous rassure, Junko est beaucoup moins diabolique que Light !

Crossfire est un livre où les femmes sont à l’honneur : Junko, détentrice du pouvoir de pyrokinésie mais aussi Ishizu Chikako, l’inspectrice qui la traque. Le roman apporte une touche féminine ma foi fort rafraîchissante, la réflexion étant privilégiée. Il est amusant de remarquer d’ailleurs que la pyrokinésie ne se transmet que de mère en fille dans le roman. Les femmes au pouvoir ?